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L'insomnie des étoiles


Marc Dugain


Editeur: Editions Gallimard

Collection: Folio, 5387

Parution: avril 2012

Format: Poche

Disponibilité:Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

Dimensions:17.8 x 10.8 x 1.6 cm

Pages:241 pages

EAN13:9782070446407

Chroniques Payot

Payot-L'Hebdo

Marc Dugain est agaçant. Tout lui réussit. En 1998, la quarantaine entamée, c’est un PDG comblé qui revend sa compagnie aérienne Proteus Airlines (40 gros porteurs, 900 salariés) à Air France, encouragé à changer de vie par le succès inattendu de son premier roman: La chambre des officiers (plus de 250 000 exemplaires vendus, adaptation cinématographique de François Dupeyron). Depuis lors, Marc Dugain partage sa vie d’écrivain fortuné entre Casablanca et la France. Il possède un château dans le Périgord, un atelier d’artiste à Paris, des voitures décapotables, des chevaux et un immense talent. Ses romans touchent un grand public sans déshonorer la littérature. Et celui qui vient de paraître, L’insomnie des étoiles, se révèle lui aussi très réussi. Comme romancier, Marc Dugain se tourne invariablement vers l’histoire. La chambre des officiers évoquait les «gueules cassées» que la guerre de 14-18 avait laissées derrière elle. Dans La malédiction d’Edgar (2005), on côtoyait Edgar Hoover qui fut pendant près d’un demi-siècle, de 1924 à 1972, le tout-puissant patron du FBI. Et, dans Une exécution ordinaire (2007), on s’approchait de Staline jusque dans l’intimité physique de son corps vieilli, alourdi, perclus de rhumatismes. Dans L’insomnie des étoiles, en revanche, les grandes figures historiques sont absentes. Le roman se passe à l’automne 1945, au sud de l’Allemagne, mais on est loin des champs de bataille et des lieux de pouvoir où se joue le sort du monde. Dans ces campagnes paisibles, épargnées par la guerre, tout paraîtrait presque normal si elles n’étaient un peu dépeuplées. Pour les militaires français qui vont occuper la région, la guerre semble devoir s’achever dans la tranquillité et l’ennui. Pour Maria, ces paysages sont devenus un théâtre d’ombres indistinctes depuis le jour où elle a perdu ses lunettes dans une mare de boue. C’est une sauvageonne de 16 ans qui vit seule, privée de tout, simplement occupée à survivre dans la ferme isolée où son père l’a laissée avant de partir au front. De ce père, elle garde comme un trésor les lettres qu’il lui a envoyées. Elle n’a lu que les deux premières avant de perdre ses lunettes. Faute de pouvoir être déchiffrées, les autres n’ont pas délivré leur message. Des ombres dans son dos. Quand le capitaine Louyre et les soldats de sa compagnie découvrent Maria, ils trouvent aussi les restes d’un corps calciné dans la ferme. De qui s’agit-il? Et pourquoi l’officier français s’intéresse à ce cadavre en particulier alors que l’époque en a produit par millions? Louyre se demande s’il n’y aurait pas quelques liens, encore invisibles, qui rattacheraient ces ossements aux bâtiments vides et lugubres de l’hôpital qui surplombe la bourgade où les troupes françaises sont stationnées: «Je sens des ombres se faufiler dans mon dos.» Un lourd secret pèse sur ce coin de campagne allemande, que le capitaine s’attachera à élucider. Non qu’il se prenne pour Maigret: «Les intrigues policières m’ennuient car elles ne sont que de petits règlements de comptes entre hommes.» Mais il a du goût «pour les mystères métaphysiques » et il pressent que quelque chose de cet ordre est en train de frapper à sa porte. En même temps qu’il agit sur le monde qui l’entoure pour lui faire cracher sa vérité, le capitaine Louyre porte sur lui un regard distant et froid, comme s’il tombait des étoiles. Le mystère de l’inhumain. Il y a donc une jeune fille acharnée à survivre, des lettres qui attendent d’être lues, un cadavre énigmatique, un hôpital aussi fantomatique qu’inquiétant. Ces différents fils, Marc Dugain parvient à les relier avec une rare délicatesse, tissant d’une écriture précise, économe et harmonieuse ce roman qui fait résonner le mystère de l’inhumain dans l’intimité des êtres. Dans cette Allemagne défaite, il saisit le moment où un peuple emporté par l’ivresse de l’homme nouveau se retrouve sans «regret, ni peur, ni culpabilité, simplement dégrisé»: «Le Reich déchu avait fait de ces hommes et de ces femmes de petits rongeurs anonymes surpris par l’hiver sidéral qu’ils avaient eux-mêmes soufflé.» Hitler aurait voulu arracher du cœur des hommes la compassion qu’il assimilait à de la faiblesse. On sait l’étendue de sa réussite dans ce domaine, même s’il n’est pas totalement parvenu à ses fins. La compassion résiste ici ou là dans ce monde enténébré: c’est une faible lueur, mais elle éclaire tout le roman de Marc Dugain.

Michel Audétat, Journaliste, L'Hebdo

Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l'Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d'un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l'avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s'acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu'elle lui révélera un secret autrement plus capital.
Marc Dugain est né au Sénégal en 1957. Après des études de sciences politiques et de finance, il a exercé différentes fonctions dans la finance et le transport aérien avant de se consacrer à l’écriture. La Chambre des officiers, son premier roman, paru en 1998, a reçu dix-huit prix littéraires, dont le prix des Libraires, le prix Nimier et le prix des Deux-Magots. Il a été traduit en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Adapté au cinéma par François Dupeyron, ce film a représenté la France au Festival de Cannes et a reçu deux Césars. Après Campagne Anglaise et Heureux comme Dieu en France, prix du meilleur roman français 2002 en Chine, il signe avec La malédiction d’Edgar un portrait fascinant de J. Edgar Hoover. En 2010, il réalise et porte à l’écran Une exécution ordinaire. Après un recueil de nouvelles salué par la critique, En bas, les nuages, Marc Dugain signe avec L’insomnie des étoiles son sixième roman.
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