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Avec les chiens


Antoine Jaquier


Editeur: Editions l'Age d'Homme

Collection: Rue Férou

Parution: novembre 2015

Format: Grand Format

Disponibilité:Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

Dimensions:21.1 x 14.6 x 1.6 cm

Pages:184 pages

EAN13:9782825145340

Chroniques Payot

Payot-L'Hebdo

Le nouveau Gilles de Rais. Antoine Jaquier imagine la vie d’un sadique et la fascination que le mal opère sur ses victimes (et sur les lecteurs).

L’ogre de Rambouillet, comme on le surnomme, sort de la prison de la Santé, à Paris, après treize ans de réclusion. Gilbert Streum, violeur et tueur d’enfants, est libre. Streum, en verlan, c’est le monstre. Mais les parents de ses victimes n’ont pas l’intention de le laisser vivre tranquille. Michel Meylan, père du jeune Grégory, victime de Streum, journaliste chez France Presse, approche l’ogre sous prétexte d’écrire un livre sur lui, avec l’intention de lui régler son compte. Il ne le tuera pas, mais partagera une séance de fitness avec lui. Puis tombera dans la fascination de cet homme pourtant peu avenant, brutal et nihiliste, qui traitait ses victimes comme des chiens.
Antoine Jaquier a déjà publié le récit Ils sont tous morts, sur une génération décimée par la drogue. Il promet cette fois une histoire plus intense encore, et la compare à un «train fantôme». Il n’a pas tort. On devine, page après page, l’auteur prendre plaisir à effrayer le lecteur par la description de supplices. Comme un enfant qui se réjouirait de faire peur avec des pétards. Il le fait jusqu’au Grand-Guignol, puisque l’ogre, nouveau Barbe Bleue, est une caricature. Mais l’écriture est plate; nous ne sommes pas dans le raffinement littéraire d’un Sade. On décrit l’abominable, à défaut de le faire ressentir. Au point qu’un certain humour, noir, se dégage de l’œuvre.
On dira que les femmes y ont un bien mauvais rôle. A vrai dire, personne ne sort indemne de cette histoire. Même Julien, ancienne victime de Gilbert Streum, un miraculé pourtant. La vision qui se dégage de la société tout entière est blafarde. Gilbert Streum a un avis bien arrêté là-dessus: «Notre vie ne vaut rien – la vie humaine ne vaut rien. En tous les cas pas plus que celle d’une vache ou d’une fourmi. Nous pensons être importants mais nous sommes vanité. On se contorsionne comme des vers dans un bocal sur une période insignifiante – rien de plus.» Cela dit, comme Michel, on ne refusera pas, pour agrémenter l’humaine condition, un bon verre de calvados de temps en temps, ni un Cohiba Esplendidos (les cigares sont une passion d’Antoine Jaquier). Un livre sans moralité, mais sans profondeur non plus? L’auteur se garde bien d’intervenir, laissant ses personnages devenir, chacun, des monstres. C’est le reflet de notre société qu’il nous renvoie à la figure: nous continuons d’être fascinés par les ogres virils, les alpha brutaux, et ne demandons qu’à nous soumettre. Le mal nous excite. Les chiens, pour Jaquier, c’est nous.

Julien Burri, Journaliste, L’Hebdo - Automne 2015

L'histoire se déroule de 2013 à 2015, dans le sud de Paris, et se concentre sur les familles des petites victimes dont la vie est bouleversée une seconde fois par la remise en liberté de l'assassin de leur enfant. Plus particulièrement, sur la relation qui se tisse entre un père, journaliste suisse, et le monstre, qui aux yeux de la société, a payé sa dette.
Antoine Jaquier a reçu le Prix Edouard Rod 2014 pour son roman "Ils sont tous morts". Son deuxième roman "Avec les chiens" a obtenu le Prix des lecteurs de la Ville de Lausanne 2016. Agé de 46 ans, Antoine Jaquier est spécialiste en management social et culturel à Lausanne.
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Prix Payot

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