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Comme le temps passe…

Joëlle Brack
17 février 2017

… Mais où va-t-il ? Olivier Marchon, chercheur d’insolite au cœur des normes sérieuses, traque Le 30 février et autres curiosités de la mesure du temps !




« Que faisiez-vous dans la nuit du 8 octobre au 11 mars ? » Et si la vieille plaisanterie de l’enquête pour meurtre chez les Eskimos, chère entre autres à Coluche, n’en était pas une ? Preuve – en l’occurrence une bulle pontificale – en main, Olivier Marchon décortique le calendrier de 1582, bidouillé par le pape Grégoire XIII. Le Vatican, qui a jadis préféré le dogmatisme au savoir de Nicolas Copernic et s’apprête à en faire autant avec Giordano Bruno, en attendant Galilée, n’est cependant pas tout à fait insensible aux sciences de l’univers. Et Grégoire a compris que l’erreur de 11 minutes et 14 secondes du décompte annuel imposé par ce païen de Jules César en -45 est en train de prendre des proportions dramatiques, puisque le calendrier des chrétiens est déjà, en cette fin de XVIe siècle, en retard de presque deux semaines sur la course des saisons…

Aux grands maux les grands remèdes : le Saint-Père sabre dix jours dans le calendrier, qui pour 1582 passera du 5 au 15 octobre, et supprime par la même occasion l’anecdotique 29 février pour les années séculaires, avec une exception tous les quatre siècles, dont l’an 2000. Cette acrobatie n’est ni la première (car le calendrier « julien », malgré ses erreurs, était déjà moins excentrique que les calendriers modulables précédents !) ni la dernière, les protestants par exemple ayant rechigné longtemps à s’adapter à une norme catholique. Les plus irréductibles ne furent d’ailleurs pas Gaulois mais… Grisons, et ne cédèrent qu’en 1812 !

C’est là le genre de détails qui enchantent Olivier Marchon, que les bizarreries poussent vers des recherches farfelues, qu’il s’occupe des frontières (Le Mont-Blanc n’est pas en France !), des statistiques et traditions françaises (Atlas de la France incroyable) ou du centre de contrôle du RER ! Cette nouvelle enquête, consacrée à l’empire de Chronos, se situe dans la même veine, avec cet avantage d’être universelle puisque, chacune à sa manière, toutes les parties du monde ont eu affaire aux caprices des calendriers. Inspirés par l’observation de la nature, influencés par les traditions, faussés par les erreurs scientifiques, manipulés par les guerres et la politique… Les hommes, n’ayant aucune prise sur le temps, se vengent en menant la vie dure à leurs calendriers.

Et ce n’est pas là seulement signe d’obscurantisme, de cultures primitives et de siècles barbares ! À travers les innombrables faits et anecdotes dont est truffé Le 30 février et autres curiosités de la mesure du temps, Olivier Marchon aborde bientôt la Grande-Bretagne coloniale et son méridien de Greenwich, Moscou des années 1930 et sa semaine de cinq jours (tous ouvrés), Berlin et l’heure allemande imposée à la France occupée (et qui n’en a jamais changé depuis, sauf… lisez et vous le saurez !), le 30 décembre 2007 dont les Samoa n’ont pas vu la couleur, sans parler du « bug de l’an 2000 » ni de la seconde intercalaire qui a rallongé notre année 2015…

Rapidement dévoré car l’humour de l’auteur n’a d’égale que la clarté de ses explications, Le 30 février ouvre en réalité sur de vastes réflexions. Le temps est-il réductible à la manière dont nous le décomptons ? Sa disparition est-elle plus prédictible que son début n’est imaginable ? Goguenard, Olivier Marchon préfère nous avertir : la prochaine fin du monde – notre monde, entièrement sous la coupe de l’informatique et du numérique – est déjà programmée pour le 19 janvier 2038 à 3 heures 14 minutes et 7 secondes, pour des raisons qu’il se fait un plaisir de nous expliquer ! Ce dernier chapitre avalé, le lecteur repensera peut-être à la poétesse américaine Emily Dickinson (1830-1886) : « Look back on Time with kindly eyes / He doubtless did his best… » (« Jette sur le Temps un regard indulgent/ Il a certainement fait de son mieux… »)



Olivier Marchon

 

 

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Le Mont-Blanc n'est pas en France

Et autres bizarreries géographiques



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