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Ses problèmes de budget résolus, Angoulême donne bien rendez-vous du 28 au 31 janvier 2010 aux fans de petites cases. Hôte d’honneur : Sempé !

Les problèmes financiers n’auront heureusement pas eu raison du 37e Festival international de BD d’Angoulême, qui au prix [littéralement] de pénibles acrobaties budgétaires a finalement damé le pion à la morosité ambiante ! Et rien dans le programme ne laisse soupçonner que la rencontre ait fait l’économie de la moindre étincelle de dynamisme, d’originalité ni de qualité, qu’on en juge ! La Sélection officielle, qui de Astier à Walker offre en 58 albums un coup d’œil unique sur l’actualité de la production BD, démontre en effet aisément que la curiosité, le goût du métissage stylistique et la recherche de la qualité guident comme jamais les choix du Festival, ce qui ne facilitera pas la tâche du jury pour le Grand Prix… Et le tableau des invités, Zeina Abirached en tête, Zep en queue – si l’on ose dire… – et plusieurs dizaines de grandes pointures entre deux, ne laissera lui non plus personne sur sa faim !
Coup d’envoi donc le 28 janvier d’une nouvelle édition, avec pour hôtes d’honneur deux légendes : l’illustre Sempé – dont on découvre avec surprise qu’il n’avait jamais figuré à Angoulême ! – et sa mémorable expérience au New Yorker [il est le seul dessinateur non–américain à avoir eu droit aux couvertures du magazine], et en alter ego l’Américain Robert Crumb, père de Félix le chat, de séries cultes dans L’Écho des savanes mais surtout, dans les années 1970, de quelques planches érotico-psychédéliques qui firent scandale outre-Atlantique… La grande exposition, elle, réserve ses cimaises à la perfection graphique poursuivie par Blutch depuis une vingtaine d’années, et qui lui a valu le Grand Prix 2009 du Festival : du Satyricon de Pétrone [1er siècle de notre ère] à Vitesse moderne, son dernier album, en passant par les dessins de presse, quel que soit le ton ou l’esprit, son trait et sa palette explorent intensément le potentiel graphique et même pictural de chaque style. Le dessinateur sera également le maître d’œuvre de deux spectacles, le désormais classique Concert dessiné, en compagnie d’Irène et Francis Jacob, et une audacieuse mise en scène de quelques strips choisi dans le portfolio des meilleurs : Pratt, Jacobs, Lauzier, mais aussi Jacques Martin, le père d’Alix, disparu le 20 janvier.
Également conviés à partager les cimaises d’Angoulême, Les Tuniques Bleues [un autre Blutch en somme…] et le génial Léonard seront de la fête, voisinant avec des planches originales d’un projet qui ne l’est pas moins, « Quand le Louvre invitait la bande dessinée » : exposé pour la première fois au célèbre musée l’an dernier, le 9e Art a donné naissance à quatre albums parrainés par le Louvre et Futuropolis, à découvrir cette fois grandeur nature pour une interprétation à huit mains ! Enfin, une fort intéressante présentation des jeunes bédéistes russes Né(e) en URSS lèvera le voile sur un pan encore modeste, en diffusion, de la production mondiale, mais qui ne devrait pas tarder à gagner sa véritable importance au vu de la qualité affichée par les huit artistes invités.
Silencieuse mais non moins parlante, Cent pour cent, l’exposition qui occupe la Cité de la bande dessinée et de l’image [et ce jusqu’à fin mars] propose une mise en résonance à travers le temps grâce au dialogue, initié depuis plusieurs mois déjà, entre créateurs « historiques » et contemporains : aux cent planches d’archives extraites des collections répondent désormais cent planches actuelles qui les complètent et les commentent. Autre dialogue, moins policé mais d’une ébouriffante créativité, celui qui s’est instauré, sous la peu conventionnelle houlette de leur éditeur, entre cinq artistes publiés chez Frémok et cinq personnes d’un centre d’expression destiné aux personnes handicapées mentales. Match de catch, titre choisi pour l’exposition des impressionnantes planches originales, dit à la fois la vigueur des « prises», l’impétuosité des échanges et la tonitruante complicité qui a uni dix sensibilités bien différentes dans ce compagnonnage unique à la rencontre de la BD professionnelle.
Pas de Festival enfin sans Rencontres internationales, qui permettront au public de se faire raconter la BD en direct par ceux qui lui donnent aujourd’hui ses lettres de noblesse : Joe Sacco, le journaliste aux crayons, Kevin O’Neill et sa Ligue des gentlemen extraordinaires, Enki Bilal, qui signe également Cinémonstre, une vidéo expérimentale, ou le célèbre mangaka Seiichi Hayashi, pionnier du manga alternatif et du renouveau du film d’animation japonais.
Un programme donc aussi brillant que d’habitude, dont l’éclectisme comme la solidité devraient répondre aux anxiétés des subventionneurs, assez mal inspirés dans leurs hésitations alors que la BD est l’un des secteurs éditoriaux qui résiste le mieux à la crise, que se déploie enfin en vitesse de croisière la voilure de la Cité de la Bande dessinée et de l’Image, et que les prudences, même fondées, ont fait planer un doute immérité sur la force et l’attrait du Festival. Allez, on y va ! I
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Zeina Abirached, Editions Cambourakis, Broché, 2008, 100 pages
Prix : CHF 25.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Zep, Delcourt, Broché, 2009, 61 pages
Prix : CHF 29.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Enki Bilal, Casterman, Album, 2007, 271 pages
Prix : CHF 106.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Jacques Martin, Casterman, Album, 1999, 56 pages
Prix : CHF 19.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Denis Robert, Laurent Astier, Dargaud, Broché, 2009, 202 pages
Prix : CHF 40.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 6) |
Charlie Higson, Kev Walker, Casterman, Album, 2009, 200 pages
Prix : CHF 31.10
Disponibilité: Disponible
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