|
| ||
Les Belles Étrangères proposent au public francophone de se familiariser quelques auteurs américains représentatifs de la diversité littéraire des États-Unis.

Deux femmes, deux Afro-américains, quatre descendants d’émigrés irlandais, russes ou grecs, des journalistes et des profs de littérature, des romanciers et des nouvellistes, un écrivain de théâtre et deux poètes, un auteur de thrillers et un de BD, deux historiens : difficile d’imaginer un panel plus explicite de la vitalité et de la « biodiversité » des lettres nord-américaines !
Ni Dan Brown ni Stephenie Meyer ne font cependant partie de l’ambassade conviée par Les Belles Étrangères à présenter la créativité made in USA au public francophone : tel n’est pas l’objectif de cette manifestation, créée en 1988 pour promouvoir la littérature mondiale dans son ensemble et favoriser la traduction en français d’auteurs à découvrir. Ce qui ne signifie pas que les douze écrivains invités soient de parfaits inconnus, bien au contraire ! Les amateurs de lectures dépaysantes auront en effet le plaisir de trouver en première ligne des noms aussi fameux que ceux de Percival Everett [Désert américain, Glyphe], Colson Whitehead [Le colosse de New York], Matt Madden et ses 99 exercices de style graphiques, Jack O’Connor qui plonge son dernier roman noir Dans les limbes, ou encore Andrew Sean Greer, dont L’histoire d’un mariage a fait sensation ce printemps. Quant à ceux qui dévorent les nouvelles, ils se souviennent certainement de l’humour cynique de Bête à croquer d’Hannah Tinti, de la sobriété poignante d’Orphelins évoqués par Charles D’Ambrosio, ou de l’aveu de John Haskell : Je ne suis pas Jackson Pollock !
Et si la poésie d’Eleni Sikelianos, les essais historiques de Yuri Slezkine sur Le siècle juif ou de Richard White sur un demi-millénaire de cohabitation culturelle entre colons et Amérindiens [Le Middle ground] sont moins connus, Les Belles Étrangères sont justement là pour les faire connaître, grâce à une tournée « sportive » auprès des librairies de toute la France, et surtout au soutien à des traductions présentées dans le sillage de la manifestation : certaines étant la première en français, comme pour le poète californien Forrest Gander dont le seul roman, En ami, est paru fin septembre chez Sabine Wespieser. Mais cette fructueuse fermentation de traduction bénéficie bien sûr à tous sans distinction, aussi a–t-on pu découvrir très récemment, outre les essais historiques et le polar cités, Le supplice de l’eau de Percival Everett et Le bon larron d’Hannah Tinti !
La publication d’inédits, et son corollaire la traduction, est un phénomène particulièrement d’actualité d’ailleurs aux États-Unis, où partisans et détracteurs du roman posthume de Vladimir Nabokov, The Original of Laura [TOOL pour les intimes] s’affrontent autour de la parution de ce manuscrit, pieusement sauvegardé par la veuve puis le fils unique de l’écrivain en dépit de son ordre de le détruire. Trente-deux ans de tergiversations et d’absolu secret – on ne connaissait que la forme de ce brouillon, des dizaines de fiches scellées dans le coffre d’une banque de Montreux – se sont résolus en un honnête compromis : autorisant la publication, Dmitri Nabokov a en revanche empêché tout « achèvement » artificiel de l’œuvre, qui paraît dans l’état où la laissa son père – et où il aurait pu la détruire s’il l’avait souhaité… De fait, la controverse actuelle porte davantage sur les conditions de cette publication que sur sa légitimité : ignorant, ou préférant ignorer, que Nabokov entretint une longue amitié avec la rubrique littéraire de Playboy [d’excellente qualité, curieusement], à laquelle il accorda divers entretiens, des âmes vertueuses s’indignent de voir les bonnes feuilles d’une telle relique en avant-première dans les pages du sulfureux magazine… Les mêmes, sans doute, qui auraient bien voué autrefois au bûcher Lolita et son créateur ! L’édition elle-même, confiée à Knopf aux États-Unis et Penguin en Grande-Bretagne, ne fera du bruit que par sa date de lancement, annoncé pour le 17 novembre. Les droits pour la traduction en français ont été remportés par Gallimard, qui laisse espérer le roman pour le courant de l’an prochain. C’est alors la Colombie qui sera l’invitée des Belles Étrangères ! I

| 1) |
Andrew Sean Greer, Editions de l'Olivier, Broché, 2009, 272 pages
Prix : CHF 40.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
|
| 2) |
Richard White, Anacharsis, Essais, Broché, 2009, 731 pages
Prix : CHF 54.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
|
| 3) |
Eleni Sikelianos, Editions Grèges, Broché, 2007
Prix : CHF 36.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
|

| 4) |
Matt Madden, L'Association, Ciboulette, Broché, 2006, 198 pages
Prix : CHF 35.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
|
| 5) |
Charles d' Ambrosio, Albin Michel, Terres d'amérique, Broché, 2007, 255 pages
Prix : CHF 39.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
|
| 6) |
John Haskell, Editions Gallimard, Littérature étrangère, Broché, 2008, 174 pages
Prix : CHF 37.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
|
| 7) |
Colson Whitehead, Editions Gallimard, Arcades, Broché, 2008, 151 pages
Prix : CHF 32.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
|