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Le monde de l’édition célèbre le centenaire de la naissance d’Ian Fleming en commanditant de nouvelles aventures pour 007 : roman, film, exposition et essai sont au rendez-vous, et n’enflammeront pas que des bougies !

Paru le 28 mai, jour anniversaire d’Ian Fleming, Devil May Care [Le diable l’emporte] a été présenté à Londres avec tout le luxe spectaculaire que l’on pouvait attendre de 007, et promet déjà un raz-de-marée du plus bel effet : commandé par les héritiers de Fleming à l’écrivain anglais Sebastian Faulks, ce nouveau titre démarre « trois secondes après la fin de Casino Royale » et ne devrait pas décevoir les amateurs du genre. Peut-être surpris par ce choix – il est connu pour ses romans historiques à forte composante psychologique ! – Faulks a cependant joué le jeu, livrant en six semaines d’amusement littéraire, comme le faisait Fleming lui-même, un roman doté de toutes les caractéristiques du genre tout en affirmant sa personnalité. Outre la curiosité légitime des lecteurs, Devil May Care bénéficie d’un environnement médiatique exceptionnel : le « Bond du centenaire » est escorté d’une exposition à l’Imperial War Museum, où un véritable arsenal d’espion côtoie les éditions originales de la série, et les producteurs mettent la dernière main aux propositions de réalisation tandis que le cinéaste suisse Marc Forster est, lui, en plein tournage du film qui clôturera en novembre l’année Fleming ! L’agent le plus célèbre de Sa Majesté n’en mérite-t-il pas autant ? Nul doute que le nouveau maire de Londres, le rocambolesque conservateur Boris Johnson, soit néanmoins légèrement offusqué de cette concurrence… Quant aux lecteurs francophones, ils devront attendre une semaine pour que Flammarion mette sur orbite Le diable l’emporte, annoncé pour le 4 juin !
Un cocktail explosif
Si Ian Fleming est célèbre dans le monde entier pour avoir imaginé James Bond, son public le plus enthousiaste avait pourtant des culottes courtes et dévorait son roman fétiche en suçant des Chuppa Chups : alors que 007 n’était pour eux que rêvasseries d’adultes en mal d’action, l’adulé Chitty Chitty Bang Bang [1964], une fable merveilleuse autour d’un inventeur fou et de sa drôle de voiture, faisait les délices des jeunes Britanniques et de leurs libraires ! Cette histoire d’une féerie motorisée, qui entraîna un film tout aussi magique, était le cadeau de son auteur Ian Fleming à son jeune fils Caspar lorsqu’il fut en âge de lire. Un cadeau plutôt inattendu de la part d’un homme qui avait étudié à Eaton, Sandhurst et… Genève, conquis ses galons d’agent secret professionnel avant de concocter, durant la Seconde Guerre mondiale, un plan diabolique pour décrypter les codes de la marine allemande… Telle fut en effet la vie de Ian Lancaster Fleming, né le 28 mai 1908, deuxième des quatre fils d’un banquier et politicien conservateur, élevé dans un milieu où les jolies femmes et les belles voitures, les parties de golf et l’appartenance ancestrale à un club sont le plum cake quotidien. Dandy devenu agent secret « faute de mieux » mais qui exerça également, à temps très partiel, les activités de journaliste pour Reuters et d’agent en bourse, Fleming vécut tout simplement la vie de son héros Bond – James Bond ! La popularité de son personnage, lancé en 1953, tient en effet à deux éléments dont le plus évident est le vrai-faux réalisme de l’ambiance, savamment dosé par Fleming qui connaissait la chose de l’intérieur : un fond de géopolitique instable et de danger planétaire, un doigt de cascades et de traîtrises, un trait de conquêtes féminines, un zeste d’humour, des glaçons pour le frisson et quelques gadgets pour décorer – secouez bien et servez pétillant !
Bon pour le moral
L’autre élément, plus crypté mais tout aussi efficace, est que la brillante carrière de l’espion aux costumes et bolides sur mesure tombait à pic pour remonter le moral des troupes, car la Grande-Bretagne en 1953 était encore loin, huit ans après la guerre, d’avoir retrouvé son élan : la reconstruction peine, le plan Marshall vexe et les frontières de l’Empire rétrécissent comme peau de chagrin. Comme en témoigne l’effarement de l’Américaine Hélène Hanff, dont la correspondance avec un libraire anglais de ces tristes années fait tout le sel de 84, Charing Cross Road [Autrement, 2001], le rationnement perdure, et le niveau de vie reste modeste. Et voilà que soudain, de la grisaille, surgit équipé de pieds en cap un héros jeune, beau, élégant, inventif et audacieux, dont l’unique emploi semble de restaurer de part le vaste monde l’image écornée de la Grande-Bretagne ! Bond met du baume au cœur de ses concitoyens, et ses missions archangéliques, fortement marquées par les clichés de la guerre froide, remettent la planète en ordre de marche, c’est-à-dire le Royaume au centre et le reste autour, un peu plus bas. Politiquement incorrect, mais excellent pour l’ego ! Les aventures de 007 connurent donc dès le premier volume, Casino Royale, un agréable succès, que treize autres suivirent, dont les mythiques Vivre et laisser mourir, Les diamants sont éternels, Dr No ou Bons baisers de Russie. Mais la réussite de la série ne devint fulgurante que par l’admiration de JFK, qui donna au hasard d’une interview un tournant décisif à la carrière de l’auteur, incita le grand écran à s’emparer du sujet, et permit à Fleming de se retirer à 45 ans, fortune faite, dans une propriété de la Jamaïque ! |
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Ian Fleming, Bragelonne, Broché, 2007, 285 pages
Prix : CHF 15.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Ian Fleming, Editions Gallimard, Folio policier, Poche, 2002, 274 pages
Prix : CHF 13.10
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 3) |
Ian Fleming, LGF/Le Livre de Poche, Le livre de poche, Poche, 2001, 313 pages
Prix : CHF 8.70
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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