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À offrir ou à recevoir, les très gros livres font toujours envie… et entraînent d’autres idées-cadeaux ! Aujourd’hui : autour du Grand atlas encyclopédique du monde.

Bien sûr, on trouve tout ce qu’on veut sur Internet, mais l’atlas de géographie reste l’un des ouvrages dont l’attrait tient essentiellement au papier. Au poids, à l’encre multicolore qui délimite les pays et les reliefs, aux noms mystérieux qui surgissent à chaque page, à l’ordre alphabétique qui place la Suède tout près du Sahara, ce que la Terre n’avait pas imaginé. Qui n’a jamais rêvé de voyages extraordinaires en feuilletant un atlas, une édition ancienne ou juste démodée ayant de ce point de vue tout autant de charme – sinon plus – qu’une version récente ?
C’est bien sûr cette seconde option qu’a choisie le spectaculaire Grand atlas encyclopédique du monde : d’une précision époustouflante grâce aux nouvelles technologies de repérage par satellite et de reproduction numérique, ses cartes physiques et politiques restituent le monde avec une impressionnante clarté. Ses données géographiques entièrement actualisées sont complétées par une partie encyclopédique qui explore la terre et ses habitants sous tous les angles, de l’environnement à la géostratégie en passant par l’alphabétisation !
Plus grand encore, mais nettement plus svelte, Suisse 1889-1911 a ciblé, lui, l’un des plus petits pays qui soit et l’approche nostalgique : les cartes qu’il a sélectionnées pour nous faire voyager sont postales et anciennes ! Ces chromos aux teintes passées révèlent des villes, des stations, des campagnes ou des montagnes à la fois familières et étranges : si peu de constructions, et tant de place pour le paysage !
Entre ces deux extrêmes, d’innombrables ouvrages plus attrayants les uns que les autres font connaître pays, régions et continents. Mais beaucoup plus rares sont ceux qui s’attachent à détailler des terres inconnues ou perdues… Ainsi celui de Siri Hustvedt, qui en compagnie du photographe iranien Reza s’en va Au pays des mille et une nuits pour retrouver, entre images oniriques et extraits littéraires, les sept voyages du marin Sindbad, et surtout pour lui en inventer un huitième. Vers des Îles perdues peut-être, dont la graphiste et romancière allemande Judith Schalansky a constitué l’atlas ? Île de Pâques ou de la Déception, Thule, Tromelin, Trindade, Tikopia, des lieux presque mythiques dont elle raconte l’histoire par petites touches, mêlant aventuriers des mers et cultures indigènes. Sobre et élégant, ce petit volume fascinant a reçu le prix du plus beau livre allemand.
Les souvenirs de voyage sont eux aussi une belle manière d’arpenter la planète sans bouger, et sur ce rayon-là les propositions dépaysantes ne manquent pas ! Certaines tranchent pourtant par leur originalité. Il y a par exemple ce pittoresque Saigon-Paris : le retour de Bucéphale, qui voit Tristan Villemain et Quentin Renaud, jeunes Bretons enthousiasmés par le voyage Paris-Saigon en deuch’ de deux aventuriers, décider… de leur ramener leur guimbarde, Bucéphale, abandonnée en Asie, en passant par « l’autre côté » du globe ! Ou, sur un ton plus sombre mais profondément humain, ce Grand partout du romancier américain William Vollmann parti courageusement durant un an faire cette grande boucle des hobos (vagabonds) à travers les États-Unis, en resquillant sur les trains de marchandises.
Le goût de l’ailleurs, au mépris des risques, est sans doute aussi ancien que l’Homme. Un imprimeur neuchâtelois vient ainsi de rééditer à l’identique les turbulents souvenirs intitulés Récit fidèle de mes aventures en 1768 : Amérique, Canada, France, Espagne, par moi Frédéric Droz, du Locle, à l’âge de 19 ans. Que l’on n’imagine pas que tout soit dit par ce titre, car ces deux cents pages à la belle typographie d’époque regorgent d’épisodes variés, le téméraire Frédéric ayant bourlingué sept ans dans l’ancien et le Nouveau Monde, vendant ou réparant des montres en chemin pour payer son périple ! C’est pourtant au Locle, conclut-il avec une réserve toute jurassienne, qu’il revint finalement « pour y jouir des douceurs que je n’aurais pas dans les pays étrangers…FIN. ». I
• «Le grand partout», William Vollmann [Actes Sud, 2011], 179 pages, EAN : 9782742799428, Fr. 35.20 - Disponible en commande libre