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10 juillet 1967, une date qui compte pour les bd-philes : c’est la naissance officielle de l’un des personnages les plus originaux et percutants du Neuvième Art, Corto. Corto Maltese, « le Maltais » - mais qui emploierait une banale traduction là où le génie d’Hugo Pratt a créé une icône ? À une telle épopée ne pouvait faire écho qu’un événement d’exception, et Casterman n’a pas lésiné pour que l’édition anniversaire de la Ballade soit à la hauteur des circonstances ! En effet, ce sont toutes les planches originales, au généreux format 41 x 32 cm, qui ont été retraitées pour l’occasion, et imprimées grandeur nature sur un papier haut de gamme qui restitue à l’encre de Chine de Pratt une densité et une précision incroyables. Un travail technique lourd mais gratifiant, pour un ouvrage magnifique enrichi d’une présentation par le spécialiste Gianni Brunoro, que les amateurs peuvent désormais s’approprier pour le prix d’une cartouche de cigarettes – décidément, Corto ne sera jamais conventionnel…
Des quatre coins du monde…
Comme son auteur lui-même, Corto pourrait dire « J’ai treize façons de raconter ma vie et je ne sais pas si il y en a une de vraie, ou même si l’une est plus vraie que l’autre ». Et, de fait, la vie mouvementée du dessinateur et scénariste italien [1927-1995] semble déteindre çà et là sur celle de son héros : quand on a comme lui vécu à Venise et en Éthiopie, à Londres et en Argentine, à Djibouti et à Paris, qu’on a été enrôlé par trois armées différentes avant 18 ans, qu’on a bourlingué sur tous les océans du globe et qu’on est franc-maçon, les thèmes d’inspiration ne manquent pas ! Pour cette première aventure, parue presque par hasard en juillet 1967 dans le n°1 de l’éphémère magazine de BD Sergente Kirk, Pratt a d’ailleurs jeté dans le chaudron les meilleurs ingrédients du genre : pirates, enlèvements, mutinerie, complot politique, esclavage, tempêtes, île mystérieuse et, bien sûr, intrigue amoureuse, le tout sur fond de paradis mélanésien et d’enfer naval – la Grande Guerre vient d’éclater et les flottes britannique et allemande croisent dans les parages… Très vite, le créateur comprend que Corto, le « gentilhomme de fortune » désinvolte, laconique et libertaire est le héros qu’il attendait. La BD, elle, va sacrer un Maître, dont le graphisme noir/blanc elliptique et la puissance narrative [ « Je dessine mon écriture et j’écris mes dessins »] font éclater les codes du genre. D’innombrables publications en revues et douze albums suivront, dont une « rétro-histoire » [La jeunesse de Corto Maltese , Casterman, 2006] expliquant d’où il vient et comment diable il a débarqué dans la Ballade, qui se positionne ainsi chronologiquement comme le deuxième épisode de la série. …
…et à Lausanne
À Lausanne, voisine de Pratt établi à Grandvaux et où la BD prend de plus en plus ses quartiers [la troisième édition de BD-FIL, c’est pour septembre! ] une très belle exposition de photos, baptisée Teff, images et paroles, prend le relais d’une manière originale. Le photographe tessinois Marco D’Anna avait côtoyé Pratt dans des circonstances particulières, réalisant les photos qui animent Éthiopie, La trace du Scorpion [Casterman, 2005], l’album consacré par l’artiste et ses complices au making of de la série Les scorpions du désert [Casterman, 1989-2007]. Fasciné par l’Éthiopie, ses paysages grandiosement désolés et sa population, d’une beauté et d’une noblesse impressionnantes bien qu’elle compte parmi les plus pauvres du monde, D’Anna est parti à la recherche de Pratt dans le pays de son enfance, cette ancienne colonie italienne d’Abyssinie où son père était fonctionnaire : Lalibela, Addis Abeba, T’ana, et Harrar bien sûr, Harrar où toutes les aventuriers un jour ou l’autre mettent leurs pas dans ceux de Rimbaud… Le résultat est de toute beauté : « tirage argentique viré au sélénium », voilà qui a un peu plus d’allure, et de pouvoir onirique, que des pixels sur un écran de téléphone mobile ! De grandes photos noir/blanc, donc, et des tirages de polaroïds travaillés sur papier épais, restituent l’enchantement tragique de l’Éthiopie actuelle, tandis que certaines images projetées directement sur les murs hébergent des citations de Hugo Pratt, dont l’exposition semble reprendre en filigrane, mais sans la citer, la plus touchante : « J’aimerais que Corto continue d’exister quand je serai mort… » Au fait, pourquoi « Teff » ? Eh bien allez voir sur place, vous ne le regretterez certes pas…I
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Hugo Pratt, Jean-Claude Guilbert, Pierre Wazem, Casterman, Coffret, 2005, 104 pages
Prix : CHF 43.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Patrizia Zanotti, Thierry Thomas, Casterman, Broché, 2005, 455 pages
Prix : CHF 97.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Collectif, Casterman, Relié, 2002, 180 pages
Prix : CHF 50.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Lele Vianello, Guido Fuga, Casterman, Le guide, Broché, 1999, 220 pages
Prix : CHF 35.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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