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L’exemple d’une association internationale garantissant à près de 170 millions de personnes des principes économiques, puis politiques, communs. L’Europe à peine remise de la guerre et qui voyait les armes reprendre déjà du service, en Hongrie, en Algérie ou à Suez, quand ce n’était pas dans les atolls ou les étoiles, était bien décidée à matérialiser l’épidermique « plus jamais ça ! » grâce à une union qui, dans la plus pure tradition du mariage entre partis assortis et aux intérêts liés, pourrait tisser entre des pays hier ennemis des liens permettant de s’assurer mutuellement un avenir aussi prospère que pacifique. Ce sera la Communauté économique européenne [CEE], instaurée par le Traité de Rome il y a tout juste un demi-siècle, et dont le bilan en demi-teintes, pour bien des raisons, ne remet pourtant pas en cause le bien-fondé de l’audacieux projet original.
L’Europe fait son Marché
Rétrospectivement, le tour de force que constitua la mise au point d’un accord mettant sur pied d’égalité la légitimité et les avantages de pays comme l’Allemagne et l’Italie face à la Grande-Bretagne, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas, leurs récentes victimes, et l’idée même que leur avenir était fondamentalement commun, relevait d’une clairvoyance et d’une ambition remarquables. Les analyses contemporaines de l’événement insistent volontiers sur l’aspect bassement matérialiste de l’accord, et sa finalité capitaliste plus qu’idéologique. Facile à dire, mais il fallait bien s’appuyer sur quelque chose qui avait de bonnes chances de fonctionner avant de persuader gouvernements et citoyens d’aller plus loin ! Et ce qui allait rapidement devenir le bien nommé Marché commun a en effet joué bravement son rôle de ciment, et d’intégrateur malgré de sensibles disparités entre les six, puis douze et aujourd’hui vingt-sept membres. Et si le reste a tardé – tarde toujours – ce n’est pas faute d’envergure de ses promoteurs, mais bien davantage de leurs héritiers, trop occupés à subventionner le grain de leurs poules et la libre circulation de leurs pots pour prendre de la hauteur, et gouverner par-dessus leurs urnes…
Boat-people et enfants gâtés
C’est donc avec une certaine retenue que les vingt-sept membres de l’Union européenne célèbrent aujourd’hui son demi-siècle. Les uns parce qu’ils sont trop neufs pour être artisans de quoi que ce soit – pas de ce qui coince non plus, ça les console ! – les autres pour n’avoir pas toujours été à la hauteur. L’Allemagne, sa présidente temporaire et organisatrice de la fête, est pourtant bien décidée à faire les choses en grand. Nul doute que de savants calculs basés sur le calendrier aztèque ont présidé au tournus qui aboutit à cette consécration symbolique, le Traité de Rome ayant marqué le retour de l’Allemagne dans les starting blocks de la civilisation… Angela Merkel soigne le détail, ignorant noblement les euro-sceptiques ou euro-déçus qui énumèrent désaccords puérils et occasions manquées : le cassis de Dijon et la fin de l’ex-Yougoslavie, la Constitution rejetée et les avions de la CIA, les centimes d’euro trop petits et les pressions nationalistes trop grandes. La politique étrangère de l’UE est pour les calendes grecques, son économie a souvent vacillé, la PAC [politique agricole commune] agace les uns, le PACS énerve les autres et les nouveaux boat-people fâchent tout le monde ? Ce que voit Angela Merkel, et quelques millions d’Européens écoutés ou anonymes avec elle, c’est que l’Europe d’aujourd’hui va des falaises de Galway aux monts de Transylvanie et de Syracuse au Cercle Polaire, que son demi-milliard d’habitants vivent dans une paix et une prospérité globale comme jamais dans l’Histoire, qu’ensemble ils ont créé l’économie d’un ensemble deux fois plus peuplé et nettement plus résistant que les États-Unis, que pour la première fois depuis le dollar une monnaie a été non seulement inventée mais s’est imposée. Oui, Angela Merkel, qui avait trois ans lorsque le Traité de Rome fut signé et devint Chancelière fédérale en 2005, le sait fort bien : la crise de la cinquantaine, ça peut apporter finalement beaucoup, et seuls les enfants gâtés qui n’ont pas connu comme elle « l’Est, le vrai » bouderont la fête ! La Suisse, qui a snobé l’Europe depuis la première heure malgré la conviction de certains, et continue à ne baragouiner que le bilatéral, y sera-t-elle invitée ?
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Sylvie Goulard, Seuil, Broché, 2007, 184 pages
Prix : CHF 23.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Pierre Gerbet, Editions Complexe, Historiques, Broché, 2007, 198 pages
Prix : CHF 19.90
Disponibilité: ?!?Article manque momentanement?!?
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Sylvie Goulard, Editions Générales First, Pour les nuls, Broché, 2007, 484 pages
Prix : CHF 41.70
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Mario Dehove, Serge Cordellier, Jean-Claude Bontron, Robert Boyer, Collectif, Editions La Découverte, Broché, 2004, 218 pages
Prix : CHF 31.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Yves Doutriaux, Christian Lequesne, La Documentation Française, Réflexe europe, Broché, 2007, 189 pages
Prix : CHF 23.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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René Schwok, Montchrestien, Clefs politique, Broché, 2005, 154 pages
Prix : CHF 22.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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