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Depuis plus d'une semaine, les frappes israéliennes sur le sud Liban en réponse à l’enlèvement par des membres du Hezbollah de deux soldats israéliens et à des tirs de roquettes sur le territoire hébreu, auraient fait près de deux cents morts. Cette crise, à laquelle la communauté internationale, et notamment la France, qui a soumis le 18 juillet dernier ses réflexions sur le Liban aux membres du G8 et du Conseil de sécurité, tente de trouver une solution diplomatique, risque de bouleverser encore plus gravement l’équilibre déjà très fragile de la région.
![Combattant phalangiste chrétien [Détail], Beyrouth, 1978 © Raymond Depardon.](/fr/nosLivres/dossierDActualite/actualiteDMonde/LibanProcheOrient/mainColumnParagraphs/0/image/Raymond-Depardon_Beyrouth_1978.jpg)
C’est un tir de roquettes sur toute la Haute-Galilée et l’enlèvement de deux soldats israéliens par la Résistance islamique, la branche armée du Hezbollah, alors que trois autres soldats de Tsahal [armée israélienne] trouvaient la mort dans l’embuscade tendue à leur patrouille, qui a déclenché cette nouvelle crise au Proche-Orient. Peu de temps après ces événements, l’armée israélienne ripostait en procédant à l’incursion de chars en territoire libanais soutenus par l’artillerie, l’aviation et la marine. Considérant comme l’indiquait jeudi dernier le premier ministre israélien, Ehud Olmert, que cette « attaque meurtrière était un acte de guerre de l'État du Liban contre l'État d'Israël, sur son territoire souverain. » et que la responsabilité lui en incombait entièrement du fait que le Hezbollah fait partie du gouvernement libanais. Dans le courant de la journée, Tsahal bombardait l’aéroport de Beyrouth, la télévision du Hezbollah, alors que les miliciens chiites procédaient depuis le sud Liban à des tirs sur des villages civils israéliens.
Au cœur d’un "Proche-Orient éclaté"
Ces événements interviennent au moment ou l’armée israélienne avait déjà lancé depuis une quinzaine de jours une offensive dans la bande de Gaza à la suite de l’enlèvement d’un de ses soldats par le Hamas, contraignant ainsi Israël à lutter sur deux fronts. Décidé à poursuivre ces opérations jusqu’à la libération de ses soldats, Israël est sollicité par la communauté internationale pour tenter de trouver une solution diplomatique à cette crise qui intervient dans une région à l’équilibre déjà bouleversé par les événements survenus ces derniers mois : la mort d’Arafat, le retrait israélien de Gaza, l’effacement de Sharon, l’affirmation de l’Iran, le retrait syrien du Liban, les rivalités croissantes entre sunnites et chiites, la victoire du Hamas aux dernières élections palestiniennes et la paralysie des États-Unis « embourbés » en Irak… Les chancelleries sont en émoi, les ressortissants étrangers sont évacués par bateau du fait de la fermeture de l’aéroport international de Beyrouth, les civils libanais sont invités à fuir les zones susceptibles d’être bombardées. Depuis près d’une semaine, le chaos s’installe alors que le gouvernement libanais tente de sauver l’unité nationale du pays toujours soumise aux influences d’un Iran qui s’affirme de façon croissante et d’une Syrie qui reste particulièrement attentive au sort de son voisin… Georges Corm abordait en 1997 dans Le Proche-Orient éclaté [Editions La Découverte] Les Mirages de paix et les blocages identitaires intervenus entre 1990 et 1996. Ceux-ci semblent toujours d’actualité… Il y soulevait avec force arguments le voile opaque qui semblait avoir été jeté sur la cruauté de la réalité de ce Proche-Orient que l’on voulait faire avancer à marche forcée vers la paix au risque de la menacer : la grande misère des populations irakiennes, la dégradation alarmante des conditions de vie des Palestiniens et leur angoisse face à l’avenir, la peur et l’agressivité des colons israéliens reflétant la crise profonde de leur société, la violence subie par les populations du sud Liban du fait de l’occupation israélienne ainsi que le désarroi général des sociétés arabes déchirées entre des régimes usés et corrompus et des utopies violentes se réclamant de l’Islam… Alors que les fantômes du passé resurgissent, le Liban se retrouve donc plus que jamais au cœur des enjeux géopolitiques qui se tissent en toile de fonds, rongent depuis des décennies la région et dans lesquels les États-Unis, Israël, l’Iran, la Syrie, voire la Russie ont tous quelque chose à y voir...
Résurgence des fantômes du passé
Fort de la pluralité de ses appartenances, devenu souverain en 1943 à la faveur de la Seconde Guerre mondiale même s’il bénéficiait déjà d’une certaine autonomie dans les dernières années du mandat français, le Liban, surnommé « la Suisse orientale », a longtemps cru que sa prospérité économique et la vigueur de sa vie intellectuelle et artistique garantiraient la pérennité du « miracle libanais » et son rayonnement dans la région… La modestie de son territoire et de son poids démographique, mais surtout son environnement géopolitique en eurent cependant rapidement raison. Les événements de ces derniers jours ravivent en ce sens dans les mémoires le douloureux souvenir de la Guerre du Liban dont l’origine remonte à la guerre des Six jours. C’est effectivement le déclenchement de la guerre du Kippour [octobre 1973] entre l’Égypte et la Syrie d’un côté et l’État hébreu de l’autre et l’embargo sur l’exportation du pétrole, décrété par le roi Fayçal d’Arabie deux semaines plus tard, qui poussa les États-Unis à s’intéresser à la situation au Proche-Orient. Après le désengagement des troupes, restait à régler le « problème palestinien ». Celui-ci pouvait à nouveau menacer l’équilibre de la région et par conséquent la pérennité de l’approvisionnement des flux de pétrole en provenance du Proche-Orient. Les États-Unis décident alors de s’allier à la Syrie, le Liban servant d’enjeu dans la réalisation de cette « mission »… Déclenchée en 1975 [année des premiers affrontements sanglants], la Guerre du Liban mêlait ainsi des enjeux régionaux et internationaux : la Syrie, appuyée dans son action par les États-Unis, ciblait l’élimination militaire et politique de la communauté chrétienne qui seule luttait contre son hégémonie au Liban ; de son côté la Russie, pour lutter dans un contexte de guerre froide contre l’alliance syro-américaine, soutenait l’OLP, décomposée en plusieurs milices et se servant du sud Liban comme base de départ d’actions terroristes ; Israël tentait de créer un État chrétien pouvant lui servir de protection ; l’Iran essayait quant à lui de jouer de ses influences pour soutenir la création d’un état islamique… La Guerre civile qui s’ensuivit, invasions étrangères, victimes par centaines de milliers, destructions, exode et fuite des capitaux compromirent jusqu’à l’existence même du Liban. Entre 1975 et 1989 [Accords de Taef], il fut à plusieurs reprises près de disparaître. La reconstruction du Liban qui devait rapidement faire face à certains archaïsmes comme le clientélisme, au renouveau du tourisme, à une privatisation accélérée du paysage et de l’espace public, à la modernisation des entreprises, à la persistance de marchés encore souvent cartellisés, était aussi soumis pour partie à la résolution du conflit israélo-palestinien, même si l’État hébreu avait procédé au retrait de ses troupes du sud Liban en mai 2000. Cet équilibre de nouveau fragilisé est à nouveau sévèrement menacé à moins qu’une résolution diplomatique intervienne rapidement…
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Mohamed Doraï, Cnrs, Moyen-orient, Broché, 2006, 252 pages
Prix : CHF 48.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Collectif, Jade Tabet, Editions Autrement, Monde, Broché, 2001, 221 pages
Prix : CHF 38.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Robert Fisk, Editions La Découverte, Broché, 2005, 955 pages
Prix : CHF 49.40
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Alain Gresh, Dominique Vidal, Hachette, Pluriel, Poche, 2003, 610 pages
Prix : CHF 19.90
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Henry Laurens, Armand Colin, References histoire, Broché, 2005, 492 pages
Prix : CHF 79.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Serge Cordellier, Editions La Découverte, Poche, 2003, 768 pages
Prix : CHF 26.90
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Georges Corm, Editions Gallimard, Folio histoire, Poche, 2002, 1068 pages
Prix : CHF 23.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Sophie Chautard, Jeunes Editions/studyrama, Perspectives, Broché, 2006, 211 pages
Prix : CHF 25.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Marwan Bishara, Editions La Découverte, Sur le vif, Broché, 2002, 155 pages
Prix : CHF 16.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Alain Gresh, Hachette, Pluriel, Poche, 2003, 220 pages
Prix : CHF 15.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 3) |
Charles Enderlin, Fayard, Broché, 2002, 366 pages
Prix : CHF 39.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 1) |
Georges Corm, Editions La Découverte, Cahiers libres, Broché, 2006, 205 pages
Prix : CHF 31.60
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Georges Corm, Editions La Découverte, La Découverte/Poche, Poche, 2005, 384 pages
Prix : CHF 28.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Georges Corm, Editions La Découverte, La Découverte/Poche, Poche, 2005, 208 pages
Prix : CHF 14.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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