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Avec ses morts et ses otages par dizaines, la série d’attentats simultanés perpétrée à Bombay frappe l’opinion internationale. Suite d’une longue série, ou début d’autre chose ?

Organisés et équipés comme une véritable petite armée, les terroristes de Bombay ont monté leur opération à une échelle impressionnante, en nombre et en systémisation. Dans un domaine d’activité où l’amateurisme – fanatisme mal digéré, promesses de houris, ceinture de dynamite et détonateur titillé par les bus ou les marchés bondés – a déjà fait des ravages, de Jérusalem à Bagdad ou Grozny, la fourniture en armes lourdes, l’organisation en détachements coordonnés et la paralysie d’un centre économique de l’importance de Bombay indiquent le passage à une autre dimension. Inconnus au bataillon, les terroristes de Bombay se font appeler « Moudjahidin du Dekkcan », un mot sanscrit qui désigne le plateau géologique constituant la plus grande partie de l’Inde péninsulaire [Centre et Sud]. Leur revendication, plutôt floue en regard des moyens mis en œuvre, pourrait se résumer par « Libérez nos copains et fichez la paix aux Musulmans indiens » : un avertissement qui résonne pourtant sinistrement dans une ville en pleine expansion dont quelque 250 000 musulmans avaient dû fuir en 1994, lors des émeutes provoquées par la destruction de la mosquée d’Ayodhya par des fondamentalistes… hindous.
Car l’hindouisme aussi a ses extrémistes, pour lesquels il n’y a que les vaches qui soient sacrées, les autres créatures pouvant facilement être rayées de la surface du globe par gain d’« hindouité ». Ces nationalistes, soutenus par une phalange politique solide, le Parti du peuple indien (BJP), partagent avec leurs comparses du monde entier l’opposition larvée à presque tout ce qui fonde un État démocratique, dont en Inde la laïcité et la tolérance religieuse, piliers de la Constitution. Exécrant l’étrange entorse à la règle que constitue la reconnaissance de la sharia comme équivalent, pour la communauté musulmane, du Code civil valable pour toutes les autres entités, les nationalistes multiplient depuis une dizaine d’années les coups de boutoir sur l’air de « ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à s’exiler », au mépris d’une minorité qui se chiffre tout de même à quelque 150 millions de personnes ! En 2002, l’État du Gujarat (Nord-ouest, à la frontière du Pakistan) s’était ainsi signalé par des ratonnades qui avaient envoyé deux mille croyants au paradis d’Allah, tandis que divers accidents à l’explosif, dus à des artificiers nationalistes mal préparés, ont révélé depuis quelques années l’existence – mais les dossiers se referment vite - de réseaux terroristes hindous étendus [sinon bien entraînés !], opérant sur le modèle « barbu » pour semer la confusion.
Que le désir de vengeance ait pris modèle sur le terrorisme djihadiste « normal» est assez logique. Mais si les premières attaques terroristes en Inde avaient orienté les regards vers les avatars pakistanais d’Al-Qaïda, des voisins complaisamment tolérés qui ne se gênent pas pour mettre le feu à la maison, les dirigeants indiens comme les imams d’outre-frontière ont la surprise de comprendre qu’ils se trouvent aujourd’hui face à une guérilla locale qui a eu le culot (l’ingratitude ?) de modifier les règles du jeu. Elle a certes importé les tristes principes du Grand Frère, mais agit maintenant « à la manière de » pour son propre compte, lequel a une portée ethnique et politique plus que religieuse, et recycle à son profit la désormais classique haine envers les Américains et leurs alliés britanniques – c’est l’administration Bush qui paie la pub. C’est, dans la grande tradition des économies émergeantes, du piratage pur et simple - sauf qu’il n’est, évidemment, ni pur ni simple.
À Monrovia, cent cinq Indiennes en treillis, mitraillette et mascara assurent pour le compte de l’ONU la sécurité de la capitale du Libéria récemment libéré de son sanglant dictateur. En deux ans, elles ont remis au pas les mercenaires en disponibilité, les trafiquants d’argent, de drogue, d’armes ou d’enfants, jugulé la petite criminalité, formé la police locale et fait remettre l’électricité dans les rues. Elles devraient peut-être revenir maintenant chez elles, où l’armée et les détachements de police mâles semblent manquer de projets, ou de poigne, pour modérer les loisirs des activistes en tous genres … I
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Pauline Garaude, Editions La Découverte, Les guides de l'état du monde, Broché, 2008, 223 pages
Prix : CHF 24.50
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| 2) |
Taslima Nasreen, LGF/Le Livre de Poche, Le livre de poche, Poche, 1996, 283 pages
Prix : CHF 11.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Sudhir Kakar, Katharina Kakar, Seuil, Broché, 2007, 254 pages
Prix : CHF 36.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Denis Matringe, Téraèdre, L'Islam en débats, Broché, 2005, 173 pages
Prix : CHF 30.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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