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Quand l’économie mondiale tousse, la Bourse s’enrhume, entraînant dans sa fièvre les places financières du monde entier. Partie des subprimes américaines, la crise est symboliquement renvoyée à l’expéditeur par les « victimes » fragilisées…

«C’est la crise boursière la plus importante depuis le 11 septembre » : il suffit de quelques mots, d’une date surtout, pour que les forteresses financières de l’économie mondiale se fissurent, laissant échapper des milliards qui ne sont pas près de réapparaître. Les marchés boursiers en pleine turbulence ne parviennent plus à maîtriser les spirales irrationnelles de la panique, se sabordant par la dépréciation auto-organisée des actifs sensés garantir la pérennité de l’ensemble. L’Asie, dont les structures et les ressources – la discipline et la résistance nerveuse, aussi – sont différentes, redresse plus facilement la tête, mais les marchés occidentaux, qui jouent à se faire peur avec le souvenir des « grands » krachs boursiers, subissent fatalement l’attraction du vide. Une expression rend bien l’atmosphère dans laquelle s’opère la débâcle : les banques centrales, régulatrices en dernier ressort des secousses sismiques financières, doivent injecter de faramineux soutiens destinés à empêcher que la crise « n’atteigne l’économie réelle », sic. Réelle : celle de tous les jours et de tout le monde, opposée à l’irréalisme forcené des « bulles » [Internet, immobilière ou autres] dont l’éclatement, inéluctable, est toujours remis à demain, jusqu'à jour où. Plongée jusqu’au cou dans le virtuel en une sorte de Second Life grandeur nature, l’économie développée - et particulièrement aux États-Unis – vit de crédit, c’est-à-dire de belles promesses plutôt que d’écus sonnants et trébuchants, au risque de se voir rattrapée par des détails bassement matérialistes qui, étrangement, échappent davantage aux spécialistes les plus pointus qu’au commun des mortels.
C’est la crise, mon pauv’monsieur…
Que la Fed’ expédie dans les tuyaux quelque 47 milliards de dollars pour renflouer le navire US peut sembler normal si l’on considère que c’est au relèvement assez sec de son taux directeur (de 1% en 2004 à 5,25% à 2006) que les trop célèbres subprimes, causes de tous les maux, doivent en bonne partie leur soudain effondrement, la maîtrise des taux hypothécaires, même « à risque », étant étroitement liée à la stabilité de leur grand frère. Mais ce n’est pas sous cet angle que l’économie internationale voit la chose : résumant sans fioritures ce que d’autres pensent avec lui, le président brésilien Lula da Silva a franchement mis les États-Unis en demeure de réparer les pots qu’ils ont cassés. Une impertinence qui semble curieusement répondre aux sanctions envers les responsables de la marée noire de l’Erika, établissant pour la première fois un rapport entre préjudice écologique et amende. Certes, il aura fallu huit ans de procédures pour en arriver là, et l’économie mondiale ne peut évidemment s’offrir ce genre de palabres autour des ressources du bon vieux talion : n’empêche que le pavé est lancé, et qu’il vient de l’un des pays émergents les plus intéressants de la planète, tandis que la Banque Centrale Européenne a refusé de faire dans le social malgré la crise, et que les grosses pointures elles-mêmes se permettent des remarques désobligeantes au sujet du récent plan de relance américain, soit 140 milliards de dollars, présenté par Bush Jr. En résumé : « Et il va les injecter où-quand-comment ? » [la question subliminale étant « Et il va les prendre où ? » ] Décevant, dépourvu de modalités d’application, ce plan bien doté – en théorie du moins, mais après tout ne sera-ce pas à la prochaine équipe présidentielle de le financer ? – devrait relancer la consommation aux États-Unis, donc devrait y éviter, ou amortir, une récession que les analystes pensent cependant inévitable [bien sûr qu’ils disaient le contraire avant Noël, mais seuls les esprits forts s’en souviennent].
Le spectre du pain sec
Diagnostiquée avec une délectation morose par ces pros qui voient loin - mais flou - une récession s’annoncerait lourde de conséquences pour l’économie mondiale au grand complet. Non seulement parce que la planète entière tousse quand les États-Unis s’enrhument, mais parce que les puissances montantes [Brésil, Inde, Chine], encore fragiles en dépit de leur essor spectaculaire, tiennent déjà suffisamment par les basques les acteurs économiques traditionnels pour leur faire craindre de les entraîner dans la spirale si elles devaient payer les premières les fameux pots cassés : la mondialisation, comme l’ADN, est à double hélice… Un célèbre dessin de Sempé montre deux scientifiques qui, par la fenêtre d’un laboratoire bourré d’ordinateurs, observent le jardinier qui, dans un arbre, scie une branche sur laquelle il est - bien sûr – assis à califourchon. Et l’un des savants de remarquer que le cerveau de cet aimable crétin est, néanmoins, bien plus complexe que tout leur génie électronique… Avec une constance désolante, les marionnettistes de la finance internationale rejouent régulièrement la scène : assistés d’un arsenal quasi sans limites de données, études, synthèses et prospectives, ils n’en tirent nulles conclusions, mais scient lorsque les choses se gâtent la branche sur laquelle sont assis investisseurs, actionnaires gros, petits ou involontaires [vous saviez, vous, que votre banque locale avait mis vos sous dans les subprimes ? Elle non plus, si ça se trouve…], chefs d’entreprises divers, travailleurs de toutes natures et même acteurs en bourse. Sauf à l’UBS, qui garde ostensiblement ses têtes dé-pensantes et assure sa supériorité en annonçant 11 milliards de pertes liées à la crise américaine, un gouffre nettement plus profond que celui des banques concurrentes - on a sa petite fierté. |
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Valérie Mignon, Sandrine Lardic, Editions La Découverte, Repères Economie, Poche, 2006, 122 pages
Prix : CHF 20.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Arnaud Bouyer, Jean-Claude Lattès, Idées fausses Vraies réponses, Broché, 2007, 174 pages
Prix : CHF 19.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Youssef Cassis, Editions Slatkine, Relié, 2006, 453 pages
Prix : CHF 79.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Nicolas Raulot, Economica, Broché, 2007, 229 pages
Prix : CHF 54.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Pierre Alexandre, Fayard, Broché, 2002, 299 pages
Prix : CHF 40.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Arnaud de Servigny, Benoît Métayer, Ivan Zelenko, Dunod, Gestion sup, Broché, 2006, 299 pages
Prix : CHF 71.60
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