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« L’ethnocentrisme n’est pas une fatalité ». Telle est la phrase qui chapote l’exposition « Nous autres » visible jusqu’au mois d’avril 2007 au Musée d’ethnographie de Genève. « Prenant appui sur le célèbre livre de Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, l’exposition "Nous autres" aborde la question de la diversité culturelle et du racisme, au cœur des enjeux de nos sociétés contemporaines. Elle part du constat que nous sommes, à la base tous ethnocentriques, c'est-à-dire que nous avons tendance à penser que nous sommes les seuls au monde à avoir raison et à nous comporter de manière civilisée […] Cependant l’ethnocentrisme n’est pas une fatalité. Le regard que l’on porte sur le reste de l’humanité change en fonction de l’histoire, du niveau de connaissance et des contacts que l’on entretient avec les autres peuples. L’ethnologie et l’anthropologie ont largement contribué à construire ce regard et à comprendre l’autre ». Dans cette même veine, il faut repenser au dernier ouvrage de Boris Cyrulnik et de Tizziana et Gianni Baldizzone, Visages [Phébus, 2005], dans lequel au fil de sept chapitres consacrés chacun à l'un des champs majeurs où le visage humain exerce son pouvoir, il est donné à voir, par le texte et l'image, tout ce qu’il dit et tait, révèle et cache de Nous autres et de l’Autre. Si de l’anthropologie et de l’ethnographie il faut retenir une leçon, c’est bien celle-là : rendre possible la découverte et la compréhension dans les autres pour les respecter à l’égal de soi et repousser loin dans les abysses de l’histoire les questions soulevées au XVIe siècle lors de la Controverse de Valladolid où il s’agissait de savoir si les Indiens d’Amérique avaient une âme et quel était le traitement à leur réserver… Le racisme et la discrimination ont malheureusement encore des visages contemporains que la différence ne devrait pas questionner...
Le MEG fait œuvre
Le Musée d’ethnographie de Genève fait œuvre en ce sens. Créé en septembre 1901, à l’initiative du fondateur de la chaire d’anthropologie de l’Université de Genève, le Professeur Eugène Pittard [1867-1962], dans une ville internationale qui s’est toujours fait une fierté des liens multiculturels entre ces différentes communautés, le MEG est aujourd’hui le deuxième musée de Suisse par l'importance de ses collections abritant 80’000 objets et plus de 300'000 documents témoins des civilisations traditionnelles des cinq continents. Actuellement dirigé par Jacques Hainard, celui-ci entend bien en soutenir la mission principale : « faire connaître l’humain et nous connaître nous-mêmes en répondant aux exigences de la nouvelle muséologie [par l’agrandissement du bâtiment] et des ambitions de l’ethnologie du XXe siècle, qui porte son regard tant sur le lointain que sur le proche, tant sur les autres que sur nous, sur la problématique de la culture matérielle qui oscille entre esthétique, chefs d’œuvres et objets banals du quotidien et grandes interrogations de l’homme. » C’est notamment en ce sens que le MEG s’associe au Festival d’ethnomusicologie fondé par l’un de ses conservateurs.
Le Festival d’ethnomusicologie où la passion d’un homme pour la musique
À l’origine de ce festival, il y a la passion d’un homme, Laurent Aubert [lire l’interview ci-dessous], conservateur au département d’ethnomusicologie au Musée d’ethnographie de Genève et fondateur en 1983 des Ateliers d’ethnomusicologie. L’édition de cette année est consacrée à Taiwan : « Souvent absente de l’échiquier politique, Taiwan – l’ancienne ilha Formosa, comme l’appelaient les Portugais – apparaît comme un véritable réservoir de pratiques culturelles. Les formes majeures de la grande tradition chinoise s’y manifestent dans toute leur splendeur, stimulées par le développement d’une création contemporaine exigeante. Parallèlement, les expressions plus rurales de certaines minorités ethniques chinoises s’y perpétuent avec vigueur, côtoyant celles de peuples autochtones d’origine protomalaise. » Tout l’enjeu de ce festival réside dans ces propos de Laurent Aubert et la richesse du programme proposé cette année n’est pas sans l’attester : ainsi, du vendredi 29 septembre au dimanche 1er octobre, le MEG propose-t-il dans ce cadre « Taiwan : Festival de cinéma » grâce à une sélection, effectuée sous la responsabilité de Monsieur Majan Garlinski, de quinze films réalisés ces dernières années par des cinéastes taïwanais. Ceux-ci y présentent leur culture, leur société et leur histoire sous de multiples angles et tous genres confondus [film d’animation, documentaires, fictions] ; du mercredi 4 au samedi 14 octobre L’Alhambra propose « Taiwan : spectacles et concerts », où seront notamment présentés les travaux de Hsimeng Rensheng [le maître des marionettes], de Shangai Fei avec « Poésies revisitées », de Han Tang Yuefu [danse et musique chinoise], ainsi que celui de l’ensemble Chung Yun-hui qui présentera des pièces du répertoire classique ainsi que des chants populaires, interprétés par la chanteuse Kuo Wen Tzu-mei ; enfin des dégustations de thé les 2, 3, 9 et 10 octobre au Pavillon bleu du MEG permettront de renouer avec la tradition du thé, née il y a plus de 4 000 ans à Taiwan même...
Une initiative sans pareil comme une invitation au voyage qu’il ne serait pas possible de décliner…

À l’occasion du festival d’ethnomusicologie [du 29 septembre au 14 octobre] consacré à Taiwan, Laurent Aubert, directeur des Ateliers d’ethnomusicologie de Genève a bien voulu répondre à trois de nos questions.
Claudia Mélin. Pourriez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu’est pour vous l’ethnomusicologie et quels en sont les objets d’étude ? Et comment vous est venue cette passion au point de devenir « un passeur de musique » ?
Laurent Aubert. L’objet de l’ethnomusicologie est double : étudier le rôle de la musique dans la société, et analyser les formes et les structures des différentes musiques du monde. En d’autres termes, il s’agit d’aborder la musique à la fois comme expression et comme langage. Si je me suis personnellement intéressé à l’ethnomusicologie, c’est au départ parce qu’elle me permettait de combiner deux passions : celle de la musique [que j’ai longtemps pratiquée] et celle des voyages [que je pratique toujours]. Chaque musique exprime la mentalité, la sensibilité particulière de ceux qui la jouent et la partagent. Par la musique, on pénètre ainsi au cœur de l’âme humaine.
CM. Vous êtes le fondateur des Ateliers d’ethnomusicologie en décembre 1983. Quelles en étaient les missions et ont-elles évolué depuis ?
LA. L’intention ayant suscité la création des Ateliers d’ethnomusicologie était de contribuer à une meilleure connaissance des cultures du monde à travers la découverte de leurs expressions musicales. Les moyens en sont : l’organisation de cycles de concerts et de festivals, de stages et d’ateliers de pratique, les publications [livres et CD] et l’encouragement à la création de projets par des musiciens migrants.
CM. Vous êtes aussi l’un des fondateurs du Festival d’ethnomusicologie dont l’édition est consacrée cette année à Taiwan. Comment expliquez-vous ce choix ?
LA. La situation particulière de l’île de Taïwan fait qu’elle est un véritable réservoir de pratiques culturelles, comme j’ai pu m’en rendre compte en allant voir sur place. Les formes majeures de la grande tradition chinoise y côtoient les créations contemporaines les plus audacieuses, ainsi que les expressions de plusieurs minorités culturelles. La qualité et la diversité de formes comme l’opéra chinois, la musique, la danse, les marionnettes… m’ont convaincu qu’elles méritaient largement d’y consacrer ce festival
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Alain de Sacy, Vuibert, Broché, 2006, 426 pages
Prix : CHF 50.30
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 2) |
Jean-Pierre Cabestan, Benoît Vermander, Les Presses de Sciences Po, Sciences Po Mondes, Broché, 2005, 283 pages
Prix : CHF 33.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Chih-Chung Tsai, Jouvence, Les clés de la spiritualité, Broché, 2006, 127 pages
Prix : CHF 20.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 4) |
Barthélémy Courmont, Lignes de Repères Editions, Broché, 2006, 142 pages
Prix : CHF 22.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Kwang-Chih Chang, Bleu de Chine, Broché, 2005, 103 pages
Prix : CHF 25.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 6) |
Chih-Yuan Chen, Editions Philippe Picquier, Album, 2004, 36 pages
Prix : CHF 18.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 7) |
Jean-Pierre Cabestan, Economica, Bibliothèque Stratégique, Broché, 2003, 470 pages
Prix : CHF 85.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 1) |
Lydia Gautier, Aubanel, Produits, Relié, 2006, 155 pages
Prix : CHF 23.60
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 2) |
Jean Montseren, Solar, Relié, 1999, 287 pages
Prix : CHF 43.30
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 3) |
Collectif, Catherine Donzel, Kitti-Cha Sangmanee, Alain Stella, Stéphane Melchior-Durand, Flammarion, Abcdaire serie art de vivre, Broché, 1996, 119 pages
Prix : CHF 7.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Gilles Brochard, Catherine Donzel, Alain Stella, Marc Walter, Flammarion, Broché, 2001, 200 pages
Prix : CHF 50.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Olivier Scala, Marie Grézard, Solar, Broché, 2005, 191 pages
Prix : CHF 50.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 6) |
Michèle Carles, Christine Dattner, Flammarion, Broché, 2005, 87 pages
Prix : CHF 13.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 7) |
Annie Perrier-Robert, Editions du Chêne, Carnets gourmands, Broché, 2007, 127 pages
Prix : CHF 27.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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