www.Payot.ch
Panier
contient 0 article(s)
Votre liste contient 0 article(s)
contient 0 article(s)
AccueilNos livresNos autres produitsNos LibrairiesNotre Entreprise
Recherche simple Recherche avancée Recherche par thème
Français | English
Dossiers d'actualité
Imprimer cette pageRéduire le texteAgrandir le texte

Johannesburg, l’œil du cyclone


Joëlle Brack
06 juin 2008

Depuis quelques semaines, d’inquiétantes émeutes raciales agitent les bidonvilles sud-africains, sur fond de xénophobie et de … football.


© Droits réservés
© Droits réservés

Des émeutes racistes entre Noirs en Afrique du Sud, le pays martyr de l’apartheid ? Cela a quelque chose de surréaliste, comme le capitalisme chinois ou l’extrême-droite israélienne. Les très sérieux heurts qui ont ravagé Soweto et d’autres bidonvilles sont pourtant l’œuvre de Sud-africains chassant les étrangers venus du Zimbabwe, du Mozambique, de Somalie et du Congo surtout. Une trentaine de morts, de sérieuses destructions, et quelque trente mille immigrés qui repartent chez eux avec un petit balluchon. Nelson, réveille-toi, ils sont devenus fous…

En 2010, Johannesburg recevra la deuxième manifestation sportive du monde après les JO : la Coupe du monde de football. Pour la première fois de son histoire, alors que les joueurs noirs font merveille sur le terrain depuis les années 1930, la FIFA a enfin honoré l’Afrique pour l’événement le plus médiatisé du monde ! Or, mis à part les bienheureux qui ont déjà passé des vacances dans les parcs nationaux, la quasi-totalité des téléspectateurs n’ont vu de l’Afrique du Sud que de tragiques reportages. Pas exactement ce que le pays le plus riche du continent souhaite partager avec la planète… D’où un plan pharaonique d’améliorations, certes orientées vers la grand’messe du foot et ses fidèles, mais aussi vers des infrastructures « laïques » dont bénéficiera le pays bien après que se sera éteint le dernier coup de klaxon, et délavé le dernier fanion : l’État sud-africain a en effet planifié l’investissement de quelque quatorze milliards de rands [plus de deux milliards de francs suisses]. La construction ou rénovation de dix stades se taille part égale [40% du budget] avec la rénovation des aéroports, le reste étant destiné au réseau routier – mais là, ça ne va pas suffire, l’apartheid n’avait pas imaginé qu’un jour les Noirs auraient des voitures… Et puis il y aura le Gautrain – le Gauteng étant la province entre Johannesburg et Pretoria - le premier express régional du continent, qui permettra de parcourir les 80 kilomètres entre la capitale économique et la capitale politique en évitant l’infarctus ou le carambolage ! Pour ce chantier considéré comme le plus vaste d’Afrique depuis Ramsès [la foreuse à l’œuvre depuis 2006 mesure 160 mètres], la détermination du gouvernement et les centaines de milliers d’emplois créés devraient permettre l’achèvement : pas le choix, il n’y aura pas de prolongations ! Quatorze milliards. Un bel effort de l’État. Mais une bricole en regards des investissements privés qui accompagnent le mouvement…

Là-bas, on dit que « la pierre chauffe », et ce n’est pas le climat qui en est responsable. Depuis la fin de l’apartheid, soit en 1991, les Sud-africains pauvres ont envahi un grand nombre de vieux immeubles abandonnés par la classe moyenne blanche – la ville souffre d’une violence certaine. Ces bâtiments n’ont plus connu d’entretien depuis près de vingt ans, et par une ironie de l’histoire, au pays des townships les taudis se sont installés au cœur même de la City… Mais le choix de Johannesburg pour la Coupe du monde a sonné le glas de cette situation, humainement déplorable mais qui n’avait que l’avantage d’exister, en regard de ce qui est prévu pour aplanir les problèmes de logement, c’est-à-dire rien. Livrés à prix d’or aux architectes par des promoteurs qui les ont, eux, acquis pour trois sous [voire simplement séquestrés] et en ont chassé les squatters en les privant d’eau et d’électricité, ces blocs sont rasés au profit de quartiers de luxe qui sortent de terre comme des champignons. Vénéneux. Car le spectaculaire lifting dont bénéficie la ville depuis peu – et il serait absurde d’en nier l’élégance et le design futuristes – ne génère pas qu’une pestilence de corruption et de spéculation [+245% en huit ans], sans compter le retour subliminal de l’apartheid, mais plus fondamentalement une crise sociale grave.

Expulsés sans ménagement, les habitants pauvres [43% de la population vit avec moins d’un dollar par jour] se dispersent en effet vers les anciens bidonvilles. Lesquels sont maintenant le fief des immigrés, venus travailler en Afrique du Sud parce que cet eldorado leur semble, logiquement, plus accessible et vivable que l’Europe ou les États-Unis. Parias dans leur propre pays, les Sud-africains sans ressources se sentent doublement menacés et en rejettent la responsabilité sur par cette population étrangère toujours méprisée, développant le trop reconnaissable virus de la xénophobie à souche économique, si virulent en Occident. Mais la situation, préoccupante dans les pays développés, peut prendre des proportions catastrophiques dans un environnement subsaharien. Telle une cellule cancéreuse, Johannesburg cache en son centre une terrible mécanique de déstabilisation, que seule sa périphérie anarchique trahit. Se contenter de dénoncer de simples émeutes dans des bidonvilles est un diagnostic dangereusement court, et le spectre des rafles de police, ou des corps carbonisés dans leur étau de pneus incendiés, n’est pas loin. Dix-sept ans, c’est peu pour se réconcilier vraiment. I

MANDELA


1)
9782253140634.gif
Nelson Mandela, LGF/Le Livre de Poche, Le livre de poche, Poche, 2008, 767 pages
Prix : CHF 19.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
Ajouter au panier
Ajouter à Ma liste

2)
9782262027636.gif
Jack Lang, Librairie Académique Perrin, Tempus, Poche, 2008, 269 pages
Prix : CHF 18.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
Ajouter au panier
Ajouter à Ma liste

3)
9782735702602.gif
Mike Nicol, Acropole Belfond, Beau Livre, 2006, 353 pages
Prix : CHF 95.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
Ajouter au panier
Ajouter à Ma liste
AFRIQUE DU SUD
9782848250991.gif
Michel Klen
Prix: CHF 36.90

9782845865297.gif
Philippe Guillaume, Nicolas Péjout, Aurelia Wa Kabwe-Segatti,  Collectif
Prix: CHF 52.90


JOHANNESBURG
9782746710696.gif
Sabine Cessou
Prix: CHF 40.90

9782845861657.gif
Philippe Guillaume
Prix: CHF 52.90

9782876786424.gif
Christine Routier Le Diraison
Prix: CHF 29.80