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Vous perdez votre temps ? Réjouissez-vous, ça pourrait être pire ! Depuis quelques mois, les pertes de documents pointus et de composants nucléaires stratégiques se multiplient…

Dans les merceries, quincailleries ou boutique de modèles réduits, on pense avec compassion aux malheureux qui font l’inventaire annuel de ces milliers de petites pièces, horripilantes à saisir et que de malicieux lutins doivent s’amuser à embrouiller la nuit. Le cauchemar… Quoique. Prenez les composants de missiles nucléaires, par exemple. Un élément de cette nature ne se compare pas vraiment à un bouton-pression ; en outre, contrairement aux micro-aiguillages de rails miniatures, il est protégé contre la malice des lutins par des malabars en uniforme qui ne rigolent pas avec la discipline. Eh bien, malgré ça, ces trucs disparaissent des stocks de l’US Air Force comme de simples vis à ailettes, par paquets de douze, sans laisser de traces ! Et qui est-ce qui est bien embêté ? Le chef d’état-major, qui voit ses sbires filer au chômage tandis que les éditorialistes et les guignols du showbiz s’en donnent à cœur joie. Certes, les arsenaux sont vastes et les équipes nombreuses, l’erreur est humaine, et que celui qui n’a jamais égaré son livret de tirs obligatoires leur jette la première douille. Mais quand même, un millier de composants nucléaires introuvables, ça fait désordre… Le Pentagone, en cette fin de règne, a diligenté une enquête d’autant plus sévère qu’elle n’était pas destinée à être lue, ou en tout cas pas par les abonnés du Financial Times. Du moins sait-on précisément où se trouve ce rapport confidentiel – en première page du FT - contrairement aux composants stratégiques, que l’on ne « parvient pas à localiser ». Le secrétaire d’État américain à la Défense n’est pas du genre sentimental : s’il a dû aller le 18 juin faire son mea culpa devant le Congrès médusé [il a indiqué que rien ne permettait de croire les gadgets tombés « dans des mains mal intentionnées » !], Robert Gates a aussi obtenu la démission des deux responsables de l’aviation américaine. L’ennui, c’est que ça ne concernait même pas les trous dans l’inventaire, mais deux autres grosses bêtises…
Les gaîtés de l’escadron
Il y a deux ans à peine, les deux lascars avaient fait expédier quatre jolis paquets de composants de missiles nucléaires vers Taïwan, où les gars de l’entrepôt avaient été un peu surpris parce qu’ils attendaient des pièces pour hélicoptère… Vieille politesse chinoise oblige, ils avaient renvoyé sans abîmer, mais l’affaire n’avait pas échappé à Pékin qui s’était fâché tout jaune. Les jours et les galons des deux responsables étaient comptés, bien qu’à la limite on aurait pu laisser traîner jusqu’à ce qu’un nouveau président arrive. Mais non, ces zigomars ont ensuite manigancé en septembre dernier d’envoyer deux B-52 équipés de six missiles nucléaires du Dakota du Nord à la Louisiane, soit la traversée complète des États-Unis, puis de laisser le chargement griller dix heures sur le tarmac avant de le récupérer ! « Ben quoi, on s’est trompé » firent-ils en cœur, « et de toute façon c’est juste des vieux obus à démanteler ». Possible. Sauf qu’il est loisible de se demander si de tels engins, qui font la tonne pièce et ne se manient que sous haute escorte même pour trois mètres, ont pu être chargés par erreur et oubliés de même. Si, d’ailleurs, il était raisonnable de les attacher sous les ailes « comme pour de vrai » alors qu’ils étaient bien destinés à la casse – et ça ne se jette pas exactement comme des cannettes de Red Bull. Et si, finalement, un vol de plaisance vers une base destinée aux opérations militaires vers le Moyen-Orient était bien la destination rêvée en l’occurrence… Résultat : deux de moins à émarger au budget de l’État, et un bataillon d’autres hauts gradés sur la sellette. Hélas, cette double démission – en canon, si l’on ose dire – la semaine dernière résout peut-être deux vieux dossiers encombrants, mais pas forcément celui plus récent des erreurs d’inventaire.
Le secret du dossier orange
Pour Robert Gates, une seule consolation : les Anglais ne font pas mieux ! Les serviteurs de la Couronne se sont en effet montrés d’une coupable étourderie ces derniers mois. En janvier dernier, l’ordinateur portable contenant les petits secrets de quelque six cent mille loyaux sujets de sa Gracieuse Majesté a disparu… Mais celui qui l’a trouvé n’a pas dû apprendre grand-chose de neuf, car la quasi-totalité des dossiers médicaux, casiers judiciaires, bilans fiscaux et données personnelles sensibles avaient déjà été égarées par d’autres fonctionnaires au cours des trois mois précédents ! Et voilà que, deux fois de suite début juin, des distraits ont oublié dans un train un dossier top secret, l’un sur al-Qaïda et l’Irak, l’autre [orange fluo !] dans lequel le gouvernement britannique détaille les arcanes du financement du terrorisme international - avec tout pleins d’idées pour ceux qui en manquent ! Manière de se distancer mine de rien d’un engagement qui pèse aujourd’hui trop lourd, financièrement et politiquement ? Le Yard enquête. Mais tout est toujours fair play au royaume de Camilla : les heureux découvreurs des documents ne les ont pas portés au bobby le plus proche, comme le leur avait enseigné leur maman. Non, ces gentlemen ont jugé que, pour épargner à ce pauvre yankee de Robert Gates d’être ridicule devant le Congrès, il fallait remettre tout ça dans des « mains bien intentionnées ». Et ils sont allés tout droit voir des journalistes, dont seuls les commentaires sont malveillants Comme ça, par altruisme, et alors qu’il n’y a pas plus aimable qu’un bobby londonien - sauf à la sortie de Wembley quand Liverpool a battu Chelsea à cause d’un arbitre écossais. Allons, pas de panique : un nouveau James Bond en librairie, un autre bientôt sur les écrans, voilà qui devrait rassurer les plus timorés quant à l’efficacité des services secrets et autres clubs de scoutisme ! Et puis nous sommes au XXIe siècle que diable : n’est-il pas temps que les têtes de linottes deviennent nucléaires ? I
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Anne Dietrich, Vuibert, Explicit, Poche, 2008, 121 pages
Prix : CHF 17.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Raymond Hull, Laurence-J Peter, LGF/Le Livre de Poche, Le livre de poche, Poche, 2006, 157 pages
Prix : CHF 9.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Pascal Gaillard, Editions Eska, Broché, 2006, 154 pages
Prix : CHF 59.50
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 4) |
Molière, Editions Gallimard, Folio theatre, Poche, 2002, 208 pages
Prix : CHF 9.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Orianne Lallemand, Mélanie Grandgirard, Casterman, Les petites bouilles, Album, 2007, 10 pages
Prix : CHF 3.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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