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En distinguant le diplomate finlandais Martti Ahtisaari, le Prix Nobel de la Paix salue un médiateur discret mais efficace, notamment en Namibie, dans les Balkans et dans la province indonésienne d’Atjeh.

Alors même qu’une polémique récente remet en cause la légitimité de la plupart des Prix Nobel de la Paix, eu égard aux volontés du donateur [récompenser une personnalité ayant œuvré pour le « rapprochement des peuples et la réduction des armées permanentes »], l’Académie suédoise semble répondre par une nomination exemplaire, qui salue le patient travail de pacificateur de Martti Ahtisaari, diplomate et ancien président de la République finlandaise.
Massif et austère derrière ses grosses lunettes, Martti Ahtisaari semble avoir les qualités que l’on attribue généralement aux Scandinaves : actif et engagé, bien que d’un enthousiasme peu apparent, patient et serein, persévérant jusqu’à l’entêtement mais répugnant à exploiter la faiblesse ou l’erreur d’autrui. Né en 1937 en Carélie – alors soviétique - dans une famille simple et malmenée par la guerre, le jeune homme accomplira son souhait d’être instituteur et participera à diverses missions humanitaires dans l’enseignement. Dans les années 1960, il s’investit en Finlande dans des organisations d’aide au développement, ce qui le conduira à travailler aux Affaires étrangères dès 1965 : la filière diplomatique qui s’ouvre alors à lui aboutira, une dizaine d’années plus tard, à divers postes d’ambassadeur en Afrique de l’Est. Fin connaisseur du contexte prévalant dans la région, en particulier en Namibie, il y est nommé en 1977 Commissaire des Nations Unies, et accompagnera le pays jusqu’à l’indépendance – l’aboutissement d’une médiation de treize ans !
Sous-secrétaire général de l’ONU dès 1987, il n’accèdera cependant pas plus haut, blackboulé par les États-Unis qui n’ont pas apprécié sa retenue pragmatique dans la gestion de la première Guerre du Golfe. La Finlande au contraire apprécie ce talent, et nomme Ahtisaari ministre des Affaires étrangères en 1991, poste qu’il assume en parallèle avec sa médiation onusienne dans les sanglants conflits de l’ex-Yougoslavie : une tâche qu’il poursuit alors même qu’il a été élu président de la République [de 1994 à 2000], et mènera jusqu’à la fin des agressions serbes en Bosnie et au Kosovo. Impressionnée, la Grande-Bretagne enrôle alors avec succès le diplomate comme médiateur avec l’IRA en Irlande du Nord !
Envoyé spécial en Afrique du Secrétaire général de l’ONU pour les crises humanitaires en 2003, Martti Ahtisaari fonde alors une ONG, Crisis Management Initiative [CMI], qui s’emploie à promouvoir la pacification dans les régions en guerre, surtout civile. Cet organisme, qui porte manifestement son empreinte sur le plan tant idéologique que pratique, a trouvé un terrain d’action privilégié dans la province indonésienne d’Atjeh. Ravagée par trente ans de conflit entre les forces armées et les indépendantistes du GAM, cette région parmi les plus pauvres du monde a subi de plein fouet en 2004 le choc du tsunami, qui a non seulement détruit mais isolé la province. Tablant opportunément sur la capacité de solidarité locale en même temps que sur les projecteurs de l’actualité mondiale braqués sur le gouvernement indonésien, Martti Ahtisaari et le CMI ont su exploiter avec fermeté et réalisme une situation d’exception pour en tirer une plus exceptionnelle encore : en décembre 2005, après que les rebelles eurent déposé les armes et l’État accepté les décentralisation du pouvoir, la province d’Atjeh connut les première élections de son histoire, et permit par sa pacification le démarrage d’une reconstruction exemplaire, l’un des plus efficaces projets jamais entrepris par la Banque Mondiale. C’est sans doute à cette médiation réussie, couronnement d’une longue et riche carrière, que Martti Ahtisaari doit son Prix Nobel, dont le plus mince mérite n’est pas de faire connaître enfin un nom – sinon une action – injustement ignoré du public. Couronnement sans bruit de retraite, car à plus de 70 ans le remuant Finlandais est encore espéré dans la solution du dossier du Kurdistan… I
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Jean-Emmanuel Pondi, Maisonneuve & Larose, Broché, 2005, 350 pages
Prix : CHF 44.80
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Philip Briggs, Gallimard Loisirs, Bibliothèque du voyageur, Broché, 2007, 296 pages
Prix : CHF 44.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Michel Cabouret, Karthala, Hommes et Sociétés, Broché, 2005, 490 pages
Prix : CHF 53.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Romain Bertrand, Karthala, Recherches internationales, Broché, 2002, 244 pages
Prix : CHF 40.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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