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Les violentes émeutes qui secouent la Grèce traduisent la triste réalité : le berceau de la démocratie et de l’Europe est aujourd’hui un État en décomposition.
Il aura suffi d’une balle de trop, d’un adolescent descendu par un flic rageur, pour que l’Europe découvre, médusée, dans quel état de délabrement institutionnel se trouve la Grèce, sa mère allégorique, sa référence en démocratie et en culture, sa destination de vacances favorite. Émeutes estudiantines violentes, manifestations massives de mécontentement, grève générale, pillages : au pays des JO, le lancer de cocktails Molotov, d’invectives politiques et de défis sociaux se pratique en direct, sans que l’État paraisse en mesure de juguler quoi que ce soit, ni même y songer. Le PASOK [socialiste, opposition], qui n’est plus qu’à une voix de la majorité au Parlement, réclame la démission du gouvernement conservateur de Costas Caramanlis, neveu de l’ancien Premier ministre et président grec, et des élections anticipées qui pourraient cette fois donner l’avantage à son leader Georges Papandreou - fils de l’ancien Premier ministre. Ce qui dit bien dans quel climat détestable de mauvaise tragédie grecque se joue l’avenir du pays.
Avec un PIB par habitant presque double de celui de la Pologne, pays nouvellement entré dans l’UE et dont l’organisation économique [poids des importations, exportations, services publics, etc] lui est comparable malgré des structures vieillottes, la Grèce est bien en retard sur elle pour ce qui est des dépenses d’éducation et de santé, ou tout bêtement pour l’accès à Internet. Le gouvernement actuel, qui peut certes se vanter d’un taux de croissance de plus de 3% annuels - de quoi faire rager quelques grandes puissances – est incapable de concrétiser ce dynamisme en économie durable : le marché de l’emploi, nettement inférieur aux standards européens, ne s’élargit pas, faute de grandes entreprises ou secteurs structurant le tissu d’activité, et se révèle incapable d’assimiler ni les femmes ni les jeunes, de plus en plus mal formés aux exigences de l’économie actuelle. Qui était Alexandros, l’adolescent abattu et dont les funérailles ont dégénéré en bataille rangée ? Rares sont ceux à le savoir, mais statistiquement il avait une chance [?] sur quatre d’être pratiquement illettré… Depuis près de dix ans, l’UE finance un fond d’aide sociale communautaire destiné à divers projets socio-économiques, dont en Grèce un réseau de bureaux d’aide sociale et la promotion de l’égalité des chances sur le plan de la formation. Mais, dans de nombreuses localités, les municipalités freinent activement l’installation de ces appuis. Motif invoqué : cela ne correspond pas à la mentalité des habitants. Fierté honorable quoique mal placée ? La véritable raison est moins élégante : ces organismes servent beaucoup aux femmes, aux minorités ethniques, aux familles monoparentales et aux immigrants, leur nécessité n’est donc pas prouvée… Quant à l’informatique dans toutes les écoles grecques, initialisée par l’UE toujours, elle est encore en cours et ne portera pas ses fruits avant une dizaine d’années. Cette situation, dans sa sécheresse administrative, semble éloignée de l’émotivité exacerbée qui entoure les violentes manifestations, spontanées ou organisées, secouant Athènes, Salonique et d’autres villes grecques. Et pourtant : des citoyens de minorités ethniques, handicapés ou retraités négligés par des administrations peu efficaces, sinon corrompues, des femmes résignées aux simples fonctions ménagères mais qui espèrent un avenir meilleur pour leurs enfants, des travailleurs peu formés et mal payés relégués par une immigration clandestine plus exploitable encore, des étudiants sans aucun horizon de carrière, cela ne fournit-il pas un vivier de contestation motivé ? Et est-ce un hasard si, quelques heures à peine après l’enterrement violent d’Alexandros, des émeutes de même nature ont éclaté en Espagne et en Italie, où des causes similaires ne peuvent qu’induire de semblables effets ?
C’était il y a à peine plus d’un an, à la fin août 2007 : des incendies criminels ravageaient le Péloponnèse, laissant derrière eux plus de soixante victimes, des quartiers calcinés et des milliers d’hectares de forêts en cendres. Plus réalistes que leurs élites débordées, les pompiers avaient organisé eux-mêmes le sauvetage du temple d’Olympie, joyau du patrimoine mondial ! Les dénonciations officielles de complot destructeur, qui n’avaient hélas que trop de fondements, et l’offre d’une grosse récompense pour l’arrestation des pyromanes, joints au fait que l’enquête soit exigée par le procureur antiterrorisme, donnèrent à l’époque un vernis de sérieux à la gestion de la catastrophe. Qui en réalité fut dupe de la complète impéritie du gouvernement, dans cette affaire comme dans tant d’autres ? En France, le débroussaillage obligatoire contraint dans le Sud les propriétaires terriens comme les possesseurs de cabanons du dimanche, et une loi de 1992 – reprenant un édit du xviiie siècle ! - interdit la [re]construction sur les zones naturelles incendiées, bridant les promoteurs pressés de parrainer de commodes pyromanes ou de bâtir hors normes dans des régions dangereuses. En Grèce, pays de pins et d’oliviers, de sécheresse et de corruption, rien n’est prévu… Réélu en dépit du scandale, Costas Caramanlis ne semble pas avoir compris que, depuis, le feu couvait sous la cendre. I
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Benoit Nacci, Clio Mavroeidakos, Aubanel, D'hier et de demain, Broché, 2008, 159 pages
Prix : CHF 40.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Charles Personnaz, Bernard Giovanangeli Editeur, Biographie, Broché, 2008, 191 pages
Prix : CHF 28.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Sébastien Lapaque, Collectif, Mercure de France, Le petit mercure, Poche, 2004, 124 pages
Prix : CHF 8.60
Disponibilité: Reimpression annoncee
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Joan Deville, Editions de Lodi/EDL, Beau Livre, 2007, 255 pages
Prix : CHF 44.70
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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