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Les commémorations ne manqueront pas en cette année 2009, ni bien sûr les ouvrages pour les entourer, les comprendre et les amplifier !

Offrons ces premières lignes à l’un des pivots de la vie intellectuelle : la Nouvelle Revue Française, plus connue sous le petit nom de NRF ! Née du désir de jeunes loups de la littérature – André Gide, Henri Ghéon, Charles-Louis Philippe, Jacques Copeau, Jean Schlumberger, Michel Arnaud ont alors une trentaine d’années – de sortir des sentiers académiques, l’audacieuse N.R.F. publie son premier numéro officiel le 1er février 1909. Gide, le plus aguerri, est directeur de la maison éditrice, bientôt reprise par Gaston Gallimard – première pierre de ce qui deviendra les mythiques Éditions Gallimard, dont les collections, telles la « Blanche » et « Folio », n’ont jamais renié le logo de la NRF ! Dirigée après la Grande Guerre par Jacques Rivière, Jean Paulhan, puis Marcel Arland, plus récemment par Bertrand Visage et aujourd’hui Michel Braudeau, la NRF a suivi un chemin parfois chaotique – confiée entre 1940 et 1943 au fasciste Drieu la Rochelle, elle sera interdite pendant huit ans – mais reste, en dépit de querelles parfois retentissantes, un exceptionnel laboratoire de réflexion et de dialogue culturel en temps réel. Affichant les signatures les plus brillantes : Romain Rolland, Claudel, Proust, Mallarmé, Apollinaire, Martin du Gard, puis Montherlant, Giraudoux, Roger Nimier, Tagore, Cocteau ou Le Clézio, elle reste le modèle et la référence des revues littéraires, et peut se vanter d’avoir publié les premiers textes de Sartre et de Malraux. Sa parution trimestrielle n° 587, d’octobre 2008, affiche Mario Vargas Llosa, Hédi Kaddour, Jean-Patrick Manchette et Alain Mabankou : la NRF aborde son second siècle d’existence avec un beau dynamisme !
L’un de ses contributeurs occasionnel sera lui aussi mis en lumière par l’actualité : l’Argentin Jorge Luis Borges, né en 1899 et… toujours pas réimprimé dans la Pléiade pour son 110e anniversaire. Interdite par la tyrannique veuve de l’écrivain pour d’obscures raisons, la reparution des deux tomes des Œuvres complètes [1993 et 1998], épuisés, est en effet bloquée en justice depuis dix ans. Ce qui prive le monde littéraire de toute édition critique de textes tant célèbres que quasi-inconnus, puisqu’il n’en existe nulle autre, pas même en espagnol ! Né à Buenos Aires dans une famille de juristes et de professeurs, le poète et critique y sera apprécié fort jeune, mais ce sont bien sûr ses contes et nouvelles fantastiques qui lui assureront la célébrité. Malmené par la junte péroniste, il ne recevra qu’en 1955 les clés de la Bibliothèque Nationale, alors que, devenu peu à peu aveugle, le grand érudit ne peut plus que dicter ces textes puissants et mystérieux où dominent cruellement les thèmes du miroir, du reflet, du labyrinthe et de l’érosion du réel. L’exil politique le ramène finalement à Genève, où il avait étudié en 1914-1918 au Collège Calvin, et où il meurt en 1986, accompagné d’épitaphes flamboyantes : « Forgeron des rêves », « Gardien de la bibliothèque universelle »… Deux autres jubilaires partageront curieusement cette année 2009 avec lui : Calvin lui-même, et Abraham Lincoln, né en 1809, que l’écrivain argentin considérait comme un criminel pour avoir engagé la Guerre de Sécession sous le prétexte anti-esclavagiste mais par pur intérêt économique !
En sa Cité d’adoption, mais ailleurs aussi, Jean Calvin donc [1509-1564] assurera la dimension spirituelle de cette année commémorative. Son impact sur Genève fut pourtant aussi politique que religieux : théoricien inflexible de la Réforme, l’austère Picard installé dans la Vieille-Ville en 1536 en est chassé deux ans plus tard pour sévérité excessive ! Il y reviendra portant en 1541, imposant outre la foi réformée les ordonnances civiles et politiques qui modèlent durablement le fonctionnement de la « Rome protestante », dont une soixantaine de citoyens résistants ou « sorciers » sont bientôt exécutés… Son catéchisme, son Institution de la foi chrétienne et sa conception globale d’un État efficace ont pourtant traversé les siècles, et témoignent aujourd’hui de l’ampleur comme de la profondeur de sa vision. Célébrer dignement le grand thuriféraire de l’austérité sans tomber sous le coup des édits somptuaires ne sera pas chose aisée, mais sur ce point le livre tire son épingle du jeu, et nombreux sont déjà ceux qui permettent à chacun de se familiariser avec le Réformateur et avec son temps – indissociables.
Étrangement, le naturaliste Charles Darwin [1809-1882] connaîtra, avec ses théories sur l’évolution, les mêmes phénomènes de choc social, les mêmes engouements ou détestations, les mêmes menaces schismatiques : si la colonialiste Albion n’est pas prête à entendre que les différences raciales sont négligeables, elle l’est moins encore à se voir démontrer la continuité évolutive des espèces... Trop tard ! Le jeune Darwin qui était parti cinq ans à bord du Beagle pour étudier la faune et la flore sud-américaines y avait perçu les premiers indices d’une réalité biologique différente, et les innombrables recherches auxquelles il se consacra par la suite ne firent qu’étayer ses soupçons. Pourtant, c’est sur un « carnet B » secret qu’il notait ses déductions et ses croquis évolutifs en « corail », par crainte d’être traité d’hérétique ou exclu des académies scientifiques… Poussé par les uns, dénigré par les autres, il attendit la cinquantaine pour éditer enfin son Origine des espèces [1859], qui généra une bonne dizaine d’années de violentes controverses ! Puis virent l’audacieuse Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe [1871], scandaleusement moderne – les créationnistes toussent encore – et son pendant psychologique, L’expression des émotions chez l’Homme et les animaux : le système était complet. Boulimique de travail et sans cesse poussé vers d’autres expériences, Darwin ne concevait de traité que monumental, et le dernier de ses manuscrits ne fut transcrit qu’en 1975 ! En considération de ses travaux définitifs sur le rôle des lombrics dans la vitalité des sols, on lui évita toute épreuve en l’enterrant dans le caveau pavé de Westminster…
Moins favorisé que Darwin, son champs de réflexion étant - à tort - considéré comme plus abstrait, Galileo Galilei n’aura pas, en français du moins, de grands échos à attendre de publications particulières. C’est pourtant bien à ce Toscan de génie qu’a songé l’Assemblée Générale de l’ONU en déclarant 2009 Année mondiale de l’Astronomie, en commémoration des recherches lancées par l’intrépide savant : en 1609, faisant fi des accusations d’hérésie scientifique et religieuse, il fabrique plusieurs versions de lunette astronomique à lentille divergente dont quelques-unes, très performantes, lui permettront de découvrir la nature de la Voie Lactée et de certains amas d’étoiles, de comprendre à quel point la perfection aristotélicienne de la surface lunaire est une plaisanterie, et même de détecter les satellites de Jupiter, qu’il appela diplomatiquement les Étoiles Médicées - mais que la postérité lui a rendus sous le joli nom de lunes galiléennes !
| 1) |
Jean Calvin, Olivétan, Broché, 2008, 79 pages
Prix : CHF 24.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Christopher Elwood, Mix & Remix, Labor et Fides, Broché, 2008, 177 pages
Prix : CHF 29.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
André Biéler, Georg Editeur, Broché, 2008, 562 pages
Prix : CHF 65.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 1) |
Enrico Bellone, Pour la science, Les génies de la science, Broché, 2003, 160 pages
Prix : CHF 27.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Massimo Bucciantini, Belles Lettres, L'ane d'or, Broché, 2008, 501 pages
Prix : CHF 49.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Bertolt Brecht, Editeur L'Arche, Broché, 1990, 139 pages
Prix : CHF 16.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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