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« L’autre Amérique », juxtaposition de trois expositions indépendantes, décrypte les États-Unis au Musée de l’Élysée. À voir jusqu’au 20 novembre !

Brosser d’un seul coup le panorama à 360° des États-Unis contemporains aurait pu être énorme, touffu ou simpliste : le Musée de l’Élysée a préféré combiner trois expositions inédites pour proposer avec «L’autre Amérique» le regard croisé d’artistes très différents mais réunis par la passion d’un pays-continent continuellement sous les feux de l’actualité, à la fois en avance et en retard sur ce que les Européens imaginent.
Sans prétendre à une fonction de pivot de la manifestation, «Stand-Ups» de Frank Schramm est nécessairement celle des trois expositions qui semble la plus logique puisqu’elle a pris pour thème l’observation des journalistes de télévision qui rendirent compte du 11 septembre en direct sur le terrain. Reporting Live From Ground Zero, la phrase qui a clôt toutes les interventions en boucle pendant des semaines, porte certes un regard critique sur la façon dont les choses ont été médiatisées, mais pas comme on pourrait s’y attendre. Lui-même en première ligne, Schramm laisse en effet percer de l’empathie pour ces journalistes témoins d’une tragédie inimaginable, secoués et oscillant entre l’émotion personnelle et l’impassibilité du « pro ». Cette série inédite de photos est en revanche plus dure envers l’exploitation économico-commerciale de l’information, les médias n’ayant pas lésiné sur la mise en scène pour accroître ventes et audience…
La rue, la ville, absentes chez Schramm, sont au contraire la matière même des clichés de Saul Leiter, peintre devenu photographe en 1947 et qui sera l’un des pionniers de l’école new-yorkaise et de la street photography. «Early Color» retrace ses expériences avec les lignes et la couleur dans les années 1950, dans les villes américaines ou européennes : saisis par un objectif quasi-pictural, traités sur des pellicules presque texturées, les détails de la banalité urbaine prennent chez Leiter un intérêt, une indépendance, parfois une noblesse inattendus et frappants.
Collant lui aussi au réel, mais dans une optique bien différente, Mitch Epstein signe avec «American Power» un projet-manifeste photographique fort et original. Jouant sur le double sens du titre (power est à la fois le courant électrique et le pouvoir), il expose soixante-trois clichés qui, au premier degré, rendent comptent de l’impact de l’exploitation de l’énergie – sous toutes ses formes - sur le paysage et la qualité de vie aux États-Unis. Mais, à un niveau plus abstrait, ils analysent également le rapport qu’entretiennent cette activité et les diverses formes du pouvoir économique, politique, étatique ou civil, et cette série à l’étrange beauté a débouché depuis sur un forum d’information et de débats.
Un triptyque qui donne à voir son «Autre Amérique», spectaculaire ou dérisoire, cynique ou lyrique, comme le lieu de tous les contrastes comme de tous les possibles, sans céder ni à l’esthétisation qui absout ni à la dénonciation qui instrumentalise : des expositions indépendantes mais complémentaires qui se rejoignent dans la discrétion et le talent de trois virtuoses du regard.
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Pierre-Elie De Pibrac, Archibooks, Broché, 2010, 100 pages
Prix : CHF 31.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Stephen Shore, Phaidon Press Ltd., Broché, 2008, 231 pages
Prix : CHF 48.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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