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Alors que le salon du livre de Beyrouth vient d’être reporté pour raisons de sécurité, la littérature du Liban est à l’honneur avec douze de ses auteurs présentés par « Les Belles Étrangères ».

Les événements politiques ont rattrapé la culture : le report impromptu des élections présidentielles libanaise au 12 novembre 2007 a contraint le Salon du Livre de Beyrouth, prévu de fin octobre à début novembre, à repousser de même ses rencontres, jusqu’en février 2008 cette fois. Les tensions générées par la situation politique précaire au Liban, en période électorale tout particulièrement, ne laissaient évidemment pas beaucoup de choix aux organisateurs de la manifestation, le troisième plus important salon du livre francophone après Paris et Montréal, et les raisons de sécurité l’ont emporté sur la déception – voire la colère de certains participants, coupés nets dans leurs préparatifs alors que le rideau allait se lever… Le sort n’étant tout de même pas entièrement contraire, la récente désignation par l’UNESCO de Beyrouth comme « Capitale mondiale du Livre 2009 » devrait consoler les plus offusqués !
Écrire en liberté
- La capitale libanaise, à la fois martyre de conflits en cascade et symbole de la vitalité intellectuelle du pays, reste en effet un vivier culturel remarquable, grâce à une « tribu » d’auteurs, hommes et femmes, à la créativité aussi originale que puissante. Toutes et tous, triste point commun, ont connu leur pays bouleversé par la guerre ou, pour les plus jeunes, ses séquelles, et ont vécu en direct avec leurs compatriotes qui une enfance bouleversée, qui une jeunesse ensanglantée par les combats ou l’exil, tous une vie personnelle chaotique dans les meilleurs cas, dramatique pour certains. La plupart, intégrés à l’intense activité intellectuelle du Liban à travers leurs postes d’enseignant ou de journaliste, résistent de toutes leurs forces et de tout leur talent au défaitisme, alimentant de leur plume une dizaine de quotidiens nationaux [en arabe, anglais et français] et un réseau remarquable de plusieurs centaines de maisons d’édition : c’est ainsi qu’ils ont choisi de défendre, avec un succès certain, la liberté d’expression et de création contre toute forme de censure ou de pression.
Douze ambassadeurs
- C’est de cette effervescence jamais démentie que « Les Belles Étrangères » a voulu rendre compte en mettant à l’honneur douze auteurs libanais contemporains à travers leurs oeuvres. Cette manifestation, lancée en 1987 déjà, réunit chaque fin d’automne en France une douzaine d’auteurs représentatifs de leur pays – éventuellement de leur aire linguistique – lors de multiples rencontres, étayées par divers événements culturels liés aux bibliothèques, librairies, centres culturels ou universités. La délégation libanaise invitée cette année permettra au public de se familiariser idéalement avec les nombreuses facettes de la vie intellectuelle du Liban : huit écrivains arabophones [largement traduits] et quatre francophones, cinq femmes et sept hommes, des Chrétiens et des Musulmans, des Druzes, des citadins de Beyrouth ou des exilés ayant étudié en Europe. Douze destins sur deux générations marquées, d’une manière ou d’une autre, par la guerre. Tandis que le grand Elias Khoury, hanté par le conflit israélo-palestinien, Imane Humaydane-Younes, Hassan Daoud et la jeune graphiste Zeina Abirached expriment, par des moyens et sur un ton extrêmement différents le voisinage de la mort et l’absurdité de la guerre, le rire est au contraire l’arme choisie par le décoiffant Rachid El-Daïf, tandis que Mohamed Abi Samra et Alawiya Sobh ont pris une voie clairement intellectuelle pour dénoncer dans leurs romans le poids des interdits et des traditions, religieuses ou machistes, sur les hommes et les femmes de ce pays meurtri. Ceux qui l’ont quitté pour l’exil y reviennent, et parlent du Liban avec une passion et une richesse de style éblouissantes, comme en témoignent les romans de Yasmina Traboulsi et surtout de Charif Majdalani – sur les listes des grands prix littéraires pour la deuxième année consécutive ! Enfin trois poètes : Abbas Beydoun, « l’ancêtre », et deux jeunes femmes, Tamirace Fakhoury et Joumana Haddad, illustrent la vigueur de la poésie dans le Liban contemporain. Une palette merveilleusement chatoyante donc, et à laquelle il est aisé de se frotter grâce à la riche anthologie publiée par Les Belles Étrangères ! |
| 1) |
Yasmina Traboulsi, Mercure de France, Broché, 2007, 172 pages
Prix : CHF 24.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Abbas Beydoun, Actes Sud, Petite bibliothèque de Sindbad, Broché, 2007, 142 pages
Prix : CHF 23.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Zeina Abirached, Editions Cambourakis, Etui, 2007, 3 pages
Prix : CHF 24.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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