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« Hermétique », « provocateur », « marginal », « imposteur », les jugements à l’emporte-pièce n’ont pas manqué pour désigner l’un des intellectuels français les plus remuants de ces dernières décennies. Et nul doute que cela aura laissé Jean Baudrillard indifférent, amusé peut-être, lui qui avait choisi de poser de ces questions dérangeantes qui sapent la confiance de l’humain moyen en ce qu’il croit, ou est incité à croire, du plus intime au plus prosaïque, de l’individuel au phénomène de société. En quarante ans d’une œuvre percutante, à défaut d’être toujours accessible, il a démonté les utopies et les masques de la société de consommation, du pouvoir politique, de la culture ou des médias, traquant les faux-semblants d’une réalité décervelée, privée de consistance, avec une ténacité qui l’entraîna parfois à des prises de position jugées – selon les sensibilités – anarchistes ou réactionnaires.
Le matérialisme désenchanté
C’est pourtant dans un autre camp que s’inscrivait Baudrillard. À l’origine germaniste engagé (il est l’excellent traducteur des Dialogues d’exilés de Brecht et du formidable Marat-Sade de Peter Weiss), il avait, au milieu des années 1960, rallié le cercle de l’intelligentsia universitaire française par la théorisation de l’histoire, alors fortement marquée à gauche, avant d’entrer en sociologie, « faute de mieux » disait-il. Lié à Barthes, Morin, Virilio, philosophe actif de la « post-modernité », Baudrillard n’a pas tardé à lancer ses premiers pavés dans la mare du conformisme : ce seront, entre 1972 et 1975, Le système des objets [Gallimard, 1978], La société de consommation [Gallimard, 1976] et Le miroir de la production ou l’illusion critique du matérialisme historique [Galilée, 1985], préludes à une cinquantaine d’ouvrages dont certains feront scandale, comme Le complot de l’art [Sens & Tonka, 1999], brûlot contre le vide existentiel de l’art contemporain, ou La transparence du mal, essai sur les phénomènes extrêmes [Galilée, 1990]. Observateur lucide et ironique plutôt que démolisseur, Baudrillard disséquait le mécanisme de la perversion caché sous la plupart des phénomènes sociologiques, plus intéressé par le défi de la quête que par la large diffusion de sa pensée brillamment ardue... Il a heureusement rassemblé dans Les mots de passe [Pauvert, 2000] un répertoire de ses principaux sujets d’analyse, passionnant « Best of » plus directement destiné au grand public. Les Éditions de l’Herne annoncent par ailleurs pour fin avril la parution de ce qui sera donc le dernier essai de Baudrillard, Carnaval et cannibale, charge virulente et peut-être désabusée d’un philosophe gravement malade contre le piège des rapports sociaux - un tomber de rideau qui conclut parfaitement sa réflexion.
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Jean Baudrillard, Enrique Valiente Noailles, Editions Galilée, L'espace critique, Broché, 2005, 161 pages
Prix : CHF 36.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Jean Baudrillard, Editions Galilée, La philosophie en effet, Broché, 1985
Prix : CHF 38.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Jean Baudrillard, Editions Galilée, Broché, 2002, 46 pages
Prix : CHF 20.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Jean Baudrillard, Pauvert, Broché, 2000, 107 pages
Prix : CHF 21.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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