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L’écrivain Maurice Druon, Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie Française,
est décédé le 14 avril 2009 à Paris, à l’âge de 91 ans.

Il s’appelait Druon de Reyniac – qui le sait ? Le registre peut-être de l’Académie Française, à laquelle il fut élu en 1966, mais sinon… Rares pourtant sont les Académiciens à être aussi familiers au grand public que Maurice Druon, auteur, avec son oncle Joseph Kessel, du fameux Chant des Partisans, hymne aux Résistants – « Ami, entends-tu… » – et surtout maître d’œuvre d’une saga qui réconcilia les Français avec leur complexe histoire médiévale, Les Rois maudits. C’est à ces deux facettes de l’homme Druon qu’il est rendu aujourd’hui hommage, son destin riche et contrasté étant digne d’un roman qu’il aurait pu signer.
Cadet de Saumur aventureux et bien décidé à en découdre, le jeune Druon de Reyniac s’enfuit à 24 ans vers les Forces françaises libres, faisant à Londres ses armes avec éclat. Le temps où il donnait des articles aux revues et faisait jouer sa première pièce tout en étudiant à Sciences Po n’est pourtant pas oublié, et dès la fin de la guerre il retourne à la littérature, qui ne lui est pas hostile : en 1948, le parolier des Partisans devient à trente ans l’un des plus jeunes récipiendaires du Prix Goncourt pour Les grandes familles [Plon, 1999], et à 48 ans l’un des benjamins de l’Académie Française – dont il est mort cependant doyen ! Réfractaire aux évolutions « modernistes » de la langue française, Maurice Druon prit paradoxalement fait et cause pour l’audiovisuel lors de la réforme de l’ORTF, à la fin des années 1960. En 1973 il est nommé Ministre des affaires culturelles : « free lance » de la politique, conservateur par goût personnel mais large d’idées quant aux développements de la culture, et notamment de ses budgets et de ses équipements, il navigua avec désinvolture entre les tempêtes qu’il suscitait aussi bien par ses prises de positions à contre-courant – 1968 était passé par-là, mais au-dessus de lui – que par ses formules à l’emporte-pièce… Boulimique de travail malgré une apparente nonchalance, héritée peut-être de ses ascendances russe et brésilienne [!], Maurice Druon ne cessa durant ces années de vie publique de faire jouer ou publier une quarantaine de pièces, recueils de nouvelles, essais [Réformer la démocratie, Plon, 1982, Ordonnances pour un État malade, Rocher, 2002] et romans, dont les étonnantes Mémoires de Zeus [Bragelonne, 2007], au carrefour de l’érudition mythologique, de la philosophie classique et du fantastique ! Ses critiques littéraires au Figaro, ainsi que sa participation à de nombreuses académies littéraires et commissions de réforme de la langue, ont été jusqu’à fort dernièrement la tribune de son franc-parler et de sa vaste culture.
L’âge n’avait en effet nullement cantonné Maurice Druon, fût-il devenu Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie, dans un rôle décoratif : en 2006, à 88 ans, il faisait paraître L’aurore vient du fond du ciel [Plon], qui mêle avec jubilation histoire personnelle et souvenirs fort variés. Mais le véritable chef-d’œuvre de cet écrivain prolifique et, finalement, assez inclassable, reste sans conteste Tistou les pouces verts [Gallimard, 2005], l’histoire d’un petit garçon très sage qui a le don de faire pousser des fleurs partout où il laisse traîner ses patoches – entre autres dans l’usine à canons paternelle – semant pâquerettes et zizanie dans les désordres du monde prétendument « dirigé » par les adultes. Sans doute le seul conte zen de la littérature française…
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Maurice Druon, Plon, Broché, 2005, 654 pages
Prix : CHF 22.90
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Maurice Druon, Plon, Broché, 2005, 547 pages
Prix : CHF 22.70
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Maurice Druon, Plon, Broché, 2005, 531 pages
Prix : CHF 22.70
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