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L’historien, penseur et polémiste britannique Tony Judt est décédé le 6 août 2010 à New York à l’âge de 62 ans.

Aux yeux d’une partie de l’intelligentsia occidentale, Tony Judt passait pour un agitateur autant que pour un historien. Pour la diaspora, il était même un traître : bien que clairement positionné à gauche, ancien du kibboutz et ex-traducteur pour Tsahal, Judt avait en effet troqué peu à peu ses convictions sionistes contre une critique de plus en plus vigoureuse de la politique israélienne, sur la question palestinienne notamment. À quoi, loin de s’amender, le turbulent intellectuel avait ajouté, dès l’après-11 septembre, une position radicalement provocatrice quant au rôle des États-Unis dans le monde.
Le parcours de cet érudit aussi complet que batailleur avait cependant commencé sous de plus sages auspices : fils d’émigrés juifs de l’Est, Tony Judt, né à Londres en 1948, gagna ses galons d’historien à Cambridge et à l’École normale supérieure de Paris, où il s’était particulièrement intéressé à l’histoire de la gauche intellectuelle française. Dès les années 1980 cependant, après avoir enseigné à Cambridge et Oxford, ce brasseur d’idées au talent narratif certain cédait à l’appel des États-Unis pour rallier Berkeley puis la New York University, où il allait brillamment animé durant plus de quinze ans l’institut de recherche socio-historique fondé en 1995 par l’actrice Paulette Goddard en mémoire de son époux, l’écrivain allemand Erich Maria Remarque.
La plume étincelante et le goût de la controverse que maniait Tony Judt avec un égal bonheur ont valu aux journaux et magazines américains de formidables articles – et de non moins formidables débats entre partisans et adversaires des positions non-conformistes de l’historien anglais ! C’est cependant sa monumentale et passionnante Après-guerre, une histoire de l’Europe après 1945 qui a définitivement popularisé son nom. Originale dans son approche, accessible bien que très développée, et solidement charpentée par des points de vue affirmés, cette somme étonnante a eu le mérite de rappeler aux Européens que non seulement ils vivaient toujours dans « l’après-guerre », mais que les racines de leur Union n’étaient pas forcément celles qu’ils croient…
Seule une tragique affection neurodégénérative a eu raison de la détermination de Tony Judt, qui avait persévéré jusqu’à l’automne dernier à assurer, de son fauteuil roulant et assisté d’appareils respiratoires, son enseignement à la NYU : sa dernière conférence, consacrée à la faillite actuelle des partis de gauche en Europe, a été exceptionnellement publiée en avril, sous le titre Ill Fares the Land. Son ultime ouvrage, Retour sur le XXe siècle, paraîtra en français le 23 septembre prochain chez Héloïse d’Ormesson.
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Tony Judt, Hachette, Grand Pluriel, Broché, 2009, 1026 pages
Prix : CHF 29.40
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 2) |
Judt, Tony, Allen Lane, Hardback, 2010, 256 pages
Prix : CHF 29.40
Parution: 03-2010
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Denis Lacorne, Tony Judt, Karthala, Recherches internationales, Broché, 2002, 346 pages
Prix : CHF 42.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Tony Judt, Calmann-Lévy, Essai histoire, Broché, 2001, 255 pages
Prix : CHF 32.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Tony Judt, Fayard, Non Précisé, 1992
Prix : CHF 43.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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