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Alain Robbe-Grillet, romancier, cinéaste et essayiste, est décédé le 18 février 2008 à l’âge de 85 ans. Initiateur du Nouveau Roman, il alliait un sens aigu de la provocation à une critique intellectuelle acerbe.

Le Nouveau Roman avait, grâce à lui, passé le cap du XXIe siècle : né en 1957 dans l’antre des Éditions de Minuit et aussitôt baptisé dans les colonnes du Monde sous la plume peu amène d’Henriot, le mouvement qui a réuni une douzaine d’éminents auteurs d’expression française durant quelques décennies perd avec Alain Robbe-Grillet son dernier contributeur actif. Son ultime ouvrage, Un roman sentimental [Fayard, 2007], n’avait pas failli aux règles du cocktail de scandale et d’apologie dont la critique, dès Les gommes en 1953, n’a jamais manqué de saluer ses textes.
Né à Brest en 1922, le jeune Alain Robbe-Grillet mena à bien des études fort peu littéraires, puisque c’est en tant qu’ingénieur agronome qu’il s’installa d’abord dans les colonies françaises, en Afrique du Nord et aux Antilles. Mais si l’ambiance tropicale imprègne bien certains de ses écrits – notamment La jalousie [Minuit, 1957] –, ce sont d’autres expérimentations que Robbe-Grillet revenu en France tente bientôt : cédant avec éclat au démon de la littérature, il rend caduque d’un coup de Gommes le roman d’avant-guerre, publie un Voyeur [Prix de la Critique 1955] fort en vue, et devient dans la foulée conseiller éditorial chez son éditeur fétiche, Minuit. Ce sera le début du Nouveau Roman, qui jusque dans les années 1970 rassembla sous la bannière de l’anti-conformisme un réseau d’auteurs aussi divers que Marguerite Duras et Claude Simon, Nathalie Sarraute et Robert Pinget, Claude Ollier et Samuel Becket, tous tentés par la « manipulation génétique » de l’écriture et de la structure narrative. Plus anarchiste, plus médiatique par son physique de faune ironique, son goût du scandale et de la liberté sexuelle absolue, d’une créativité plus multiple aussi – il fut le cinéaste entre autres de L’année dernière à Marienbad, enseigna dans les universités européennes et américaines, s’adonna à la poésie et à la peinture –, Alain Robbe-Grillet s’imposa, soufflant à ses complices en désécriture le titre de « pape du Nouveau Roman ». Ce qui n’empêcha nullement ce manipulateur aussi retors que cultivé de siéger au Haut Comité pour la défense de la langue française, ni de régner sur le jury du Prix Médicis ! Ne disait-il pas se méfier des écrivains modestes ?
Des deux ultimes « coups » de provocateur patenté, le dernier – Un roman sentimental glorifiant la pornographie enfantine, vendu sous cellophane pour titiller la censure – fut un flop, tant par l’indigence que par l’inadéquation du propos. Mais le précédent se montra nettement plus à la hauteur du pourfendeur de sclérose intellectuelle que fut Robbe-Grillet : élu en 2004 à l’Académie Française, ce qui implique donc qu’il l’ait sollicité, faisant état de son apport à la littérature, il refusa ensuite d’y être reçu, au motif que le discours de réception y est une corvée, et l’habit vert une mascarade, au grand dam de l’auguste assemblée prise au piège de ses efforts d’ouverture… Jean Ricardou, l’un de ses théoriciens, et Michel Butor sont désormais les « derniers poilus» du Nouveau Roman, mais c’est bien avec la disparition de Robbe-Grillet que la page s’est définitivement tournée. I
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Emmanuelle Lambert, Alain Robbe-Grillet, 10/18, Domaine français, Poche, 2005, 305 pages
Prix : CHF 16.60
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 2) |
Catherine Robbe-Grillet, Fayard, Broché, 2004, 567 pages
Prix : CHF 41.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Alain Robbe-Grillet, Fayard, Broché, 2007, 252 pages
Prix : CHF 34.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Alain Robbe-Grillet, Les Editions de Minuit, Broché, 1988, 255 pages
Prix : CHF 31.50
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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