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L'intrusion


9782070128273.gif Ouvrir l'image agrandie dans une nouvelle fenêtre
Collection:
Pages:
362 p.
Parution:
Février 2010
Format:
Broché

Prix:
CHF 38.00

Disponibilité :
Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

Dimensions:
20.5 x 14.0 x 2.3 cm
ISBN:
9782070128273
EAN13:
9782070128273
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SUR CE LIVRE

Informations bibliographiques éditeur

Chronique[s] Presse

SUR CE LIVRE

Informations bibliographiques éditeur


Le point de vue de l'éditeur

2002, Doug Fanning, la trentaine rugissante, travaille comme trader pour une grande banque d'affaires de Boston. Responsable des opérations boursières à l'étranger, tout réussit à notre requin aux dents affûtées : succès, pouvoir, argent... Le ciel semble sa seule limite. Le jeune loup vient même de se faire construire une superbe villa dans la petite ville de Finden, cette banlieue riche où tout le gratin de la finance - dont son patron - se retrouve après le travail. Pour Doug, fils d'une famille monoparentale sans le sou, la revanche sociale est douce. Mais, bien sûr, rien n'est si facile : les opérations boursières que Doug mène en Asie sont illégales et leur financement incertain. Tant que la combine fonctionne, les grands patrons ferment les yeux. Mais Doug, sans le savoir- ou plutôt sans vouloir le savoir-, marche sur le fil du rasoir. A Finden, la vie non plus n'a rien d'une sinécure : sa maison nouvellement construite a été bâtie sur un terrain inconstructible légué des décennies plus tôt par un riche propriétaire terrien à la communauté urbaine. La petite-fille de ce dernier, la vieille Charlotte Graves, ancienne professeur d'histoire, est bien décidée à faire appliquer la loi et traduit Doug en justice... En cette première décennie du XXIe siècle, L'intrusion dresse un portrait profondément marquant de l'âge d'or moderne. Pleine d'esprit et d'imagination, cette fiction singulière et complexe est irrésistible.

Biographie[s] d'auteur[s]

Adam Haslett vit à New York. Il est l'auteur d'un recueil de nouvelles intitulé Vous n'êtes pas seul ici (éd. de l'Olivier) pour lequel il fut finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award. Il a également reçu une bourse de la fondation Guggenheim, de la fondation Rockefeller et du Fine Arts Work Center. Il a remporté le prix de la Nouvelle PEN / Malamud.

Chronique[s] Presse


Le Temps

Adam Haslett met le feu aux valeurs de la vieille Amérique.

L’argent et la guerre sont les deux cibles de «L’Intrusion», fable sociale signée Adam Haslett, qui raconte l’histoire d’un trader aux dents trop longues.

André Clavel, Samedi 13 Mars 2010

En septembre 2008, les bourses de la planète paniquent. Lehman Brothers, un Titanic aux soutes remplies de dollars – et de chèques en bois –, vient de couler, entraînant dans son naufrage une multitude de «pompes à phynances», comme disait le père Ubu. Cette crise permet alors de découvrir la face cachée des banques, qui jouent au poker sur le tapis vert de la crédulité internationale. Au même moment, un New-Yorkais de 38 ans – Adam Haslett – envoie à son éditeur le manuscrit d’un roman passablement prémonitoire, L’Intrusion, histoire d’un trader aux dents trop longues, et qui finiront par mordre la poussière.

Fils d’un conseiller en création d’entreprises et d’une prof de lettres, Haslett a grandi dans le Massachusetts – où se situe son livre –, a soigné une dyslexie précoce, a suivi des cours de creative writing sous la houlette de Marilynne Robinson, a failli être avocat et s’est finalement lancé dans l’écriture pour signer en 2002 un recueil de nouvelles (Vous n’êtes pas seul ici, traduit aux Editions de L’Olivier) qui a manqué de peu le Prix Pulitzer. Puis Haslett s’est attaqué à cette Intrusion, cinq ans de labeur pour explorer les coulisses de la politique monétaire de son pays. «Je voulais parler de ceux qui détiennent un pouvoir opaque, dont les répercussions sur notre quotidien sont considérables, explique Haslett. Les décisions abstraites prises par des institutions comme la banque centrale américaine finissent par contaminer la vie des gens ordinaires, et cela valait bien un roman.»

Doug Fanning a été élevé par une mère alcoolique et il s’est engagé dans les Marines où, pendant la guerre du Golfe, le navire de sa compagnie a abattu par erreur un avion civil – un Airbus iranien avec 290 passagers. A son retour à Boston, Doug troquera son uniforme contre un costar de yuppie et il sera embauché par l’Union Atlantic, une banque commerciale dont il gravira tous les étages avant de diriger les opérations internationales, à grand renfort de bonus faramineux et de spéculations aussi virtuelles qu’illégales. Tant que ses combines marcheront, on fermera les yeux à l’Union Atlantic…

Ambitieux, rusé et cynique, fier d’avoir pris une revanche sociale, Doug est un Rastignac déguisé en Bernard Madoff – sa chute s’annonce brutale – mais il y a également un peu de Gatsby en lui: il s’est fait construire dans les parages de Boston une villa de nabab, et cela aussi lui coûtera cher. Car tout près de ce palais tape-à-l’œil, vit la redoutable Charlotte Graves, une vieille intello qui déteste le fric. Qui vomit les parvenus du genre Doug Fanning. Et qui ne tardera pas à traîner le jeune banquier devant les tribunaux, parce que sa villa défigure les lieux et qu’elle a été édifiée sur un terrain inconstructible.

Assailli de toutes parts, le héros de L’Intrusion finira mal avec, en plus, une sombre histoire d’homosexualité sur les bras. Sa «rapacité infinie», Haslett la décrit à la façon d’un Tom Wolfe qui aurait repris du service au Financial ­Times: prose précise, clinique, informée, pour mettre en scène un ancien militaire parachuté dans la jungle du capitalisme sauvage. Deux activités qui, pour le romancier, symbolisent les deux démons de l’Amérique aujourd’hui. «La guerre et l’argent constituent les forces dominantes de ce pays, et Doug les incarne», explique Haslett, dont le livre s’achève en 2003, au moment de l’invasion de l’Irak, tandis que Charlotte Graves met le feu à sa maison et à ses livres. Ce sont les valeurs de la vieille Amérique – culture et humanisme – qui partent en fumée, au terme d’un récit où Haslett en appelle aussi à Guy Debord pour fustiger «le règne de l’épate et de l’étalage illimité». Son Intrusion fait mouche et l’on se réjouit qu’il fasse banquer les banquiers qui embrasent la planète sur un bûcher de dollars frelatés.

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