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" Il suivait la Dieffenbachstrasse. Une averse tombait, une averse d'été dont la violence s'atténuait à mesure qu'il marchait en s'abritant sous les arbres. Longtemps, il avait pensé que Margaret était morte. Il n'y a pas de raison, non, il n'y a pas de raison. Même l'année de nos naissances à tous les deux, quand cette ville, vue du ciel, n'était plus qu'un amas de décombres, des lilas fleurissaient parmi les ruines, au fond des jardins. "
"Jean Bosman a entrepris de recenser son existence, c'est-à-dire de noter dans des carnets "" ce qui aurait pu être et qui n'avait pas été "", comme des prénoms et des numéros de téléphone, des rencontres, des lettres perdues et des rendez-vous manqués. De tous ces questionnements, Bosmans retient une femme, qu'il rencontra par hasard lors d'un mouvement de foule il y a de ça quarante ans. Cette femme, Margaret Le Coz, Jean l'aima. Ils ont en commun la solitude et le déracinement ; leur histoire, faussement simple, est pleine de non-dits et s'étend dans le Paris en noir et blanc des années 1950. Malheureusement, Jean la perdit du jour au lendemain. Il s'ensuit une enquête flottante, au gré de la mémoire de Bosmans et des quelques autres faits épars qu'il ne sait trop comment lier les uns aux autres, sur une femme disparue dont il ne sait presque rien. Rien que de très aléatoire. L'horizon nous fait voyager entre un épisode et l'instant présent, entre le personnage masculin adolescent et l'homme qu'il est devenu quarante ans plus tard, écrivain sexagénaire habité par une époque révolue. Le dernier livre de Patrick Modiano est un grand roman sur le temps, l'optimisme et l'amour absolu, dont la fin mélange passé, présent et une ouverture vers l'avenir - vers un horizon."
Romain Mechiet, Libraire, Payot-Neuchâtel