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L'Europe chrétienne ? . Une excursion


9782204076197.gif Ouvrir l'image agrandie dans une nouvelle fenêtre
Éditeur:
Collection:
Parution:
Octobre 2007
Format:
Broché

Prix:
CHF 45.30

Disponibilité:
Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

ISBN:
9782204076197
EAN13:
9782204076197
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SUR CE LIVRE

Informations bibliographiques éditeur

Chronique[s] Presse

SUR CE LIVRE

Informations bibliographiques éditeur


Le point de vue de l'éditeur

« Le débat actuel sur la Constitution reflète l'identité de la civilisation européenne, c'est-à-dire de l'identité européenne, au même titre qu'il en est un élément constitutif. Il est tout simplement absurde de conduire ce débat sans considérer l'importance centrale du christianisme pour cette civilisation même. Lorsque les psychologues observent une personne qui occulte un élément constitutif de sa propre réalité, ils appliquent à ce cas le terme denial, de dénégation. L'Europe aussi est en dénégation ; elle refuse de reconnaître une part de son identité, dans la mesure où dans la discussion sur sa propre identité elle met à l'écart les termes « chrétien » ou « christianisme », devenus de véritables tabous. [...] L'idée d'une « Europe chrétienne » n'est donc pas de former un club exclusif ou nécessairement confessionnelle. Il s'agit plutôt d'une Europe qui respecte tous ses citoyens de la même façon : croyants et non-croyants, chrétiens et non-chrétiens. D'une Europe qui, même en célébrant ce noble héritage que sont les Lumières, renonce à sa christophobie et ne connaît ni peur ni embarras pour reconnaître le christianisme comme l'un des éléments centraux du développement de sa civilisation. »

Biographie[s] d'auteur[s]

Spécialiste du droit européen, J.H.H. Weiler est professeur à l'université de New York où il dirige le Hauser Global Law School Program et le Jean Monnet Center for International and Regional Economic Law & Justice. Il est également professeur à l'University College de Londres et à l'Université de Copenhague.

Chronique[s] Presse


Le Temps

L'Europe? Chrétienne, bien sûr!

Constitutionnaliste de renom, Joseph Weiler s'interroge sur le refus de mentionner l'héritage chrétien dans le Traité constitutionnel européen. Il y décèle une sorte de «christophobie» occidentale.

Mark Hunyadi, Samedi 22 Décembre 2007

Lors du grand débat européen sur la rédaction d'une Constitution pour l'Union, une question centrale avait été celle de la place que devait occuper la référence à la religion. Finalement, la Convention en charge de la rédaction a refusé toute évocation du christianisme, même allusive, dans le Préambule. Une telle référence avait été identiquement refusée peu auparavant par les concepteurs de ce document-symbole important qu'était la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Comment expliquer un tel déni? Comment interpréter un tel refus? Pour Joseph Weiler, constitutionnaliste européen mondialement connu, c'est là chose proprement incompréhensible. Entre parenthèses, il n'est pas inutile de savoir - il le dit lui-même dans son livre - que Joseph Weiler est de confession juive, et élève ses cinq enfants dans la foi dont ils sont les héritiers, tout en étant citoyens européens. Eh bien, dit Joseph Weiler, l'Europe, en expulsant de la sorte toute référence religieuse de ses textes fondateurs, crée un véritable «ghetto chrétien européen». Rien de moins. Joseph Weiler baptise du nom de christophobie la résistance de type affectif et sociologique (plutôt que guidée par des raisons juridiques) qui a poussé à faire l'impasse sur la religion dans la Constitution européenne, et à refouler la question de Dieu. Ainsi, la culpabilité face à l'Holocauste, mais aussi face aux excès impérialistes occidentaux a pu conduire à une assimilation de la culture occidentale à la culture chrétienne, la critique de l'une entraînant le rejet de l'autre, obligée désormais, donc, de vivre dans un ghetto. Mais le plus souvent, cette christophobie se drape d'arguments plus rationnels, des arguments juridiques et constitutionnels. Joseph Weiler les rejette tous, toujours au nom d'une seule et même thèse, plusieurs fois répétée: certes une constitution doit - première fonction - organiser les pouvoirs étatiques; certes, elle doit - deuxième fonction - définir les rapports entre individu et autorité publique; mais elle doit encore - troisième fonction - consigner les fondements éthiques d'une communauté, exprimer ses valeurs de référence les plus fondamentales. C'est cette troisième fonction, essentielle pour l'identité d'une communauté, qui est dévolue aux Préambules des Constitutions. Dans L'Europe chrétienne? (notez le point d'interrogation), l'auteur plaide donc pour la reconnaissance, dans un esprit agnostique mais culturellement assumé, de l'apport chrétien aux valeurs de l'Homme européen: «La contribution du fondement chrétien, tout autant que la contribution laïque, doit justement être accueillie pour l'enrichissement et pour la valeur ajoutée qu'elle confère à la tradition constitutionnelle européenne.» De plus, c'est un fait notoire que de nombreuses constitutions nationales actuellement en vigueur font explicitement référence à la religion. Ainsi en Allemagne, Irlande, Grèce, à Malte, au Danemark, au Royaume-Uni, en Pologne (les deux exceptions notoires sont la France et l'Italie), sans par ailleurs que leur tolérance religieuse puisse être mise en doute. Car il va sans dire que la référence culturelle au christianisme ne va de pair avec aucune déclaration d'allégeance théologique. Mais tout de même, il y a là une ambiguïté caractéristique dans toute l'argumentation de Joseph Weiler, par ailleurs fort convaincante et intelligemment étayée. Il parle en effet, le plus souvent, indifféremment d'une référence à «Dieu» ou à la «chrétienté». Or, ce n'est évidemment pas la même chose: se référer à Dieu, c'est faire une référence métaphysique à un être dont on affirme implicitement l'existence; parler de «chrétienté», c'est évoquer une tradition dont personne ne peut nier la prégnance en Europe. Cette confusion nuit à la clarté de sa thèse (parmi tous les exemples cités, seule la Constitution polonaise fait cette distinction, et donne ce faisant un bel exemple de tolérance constitutionnelle). Loin - évidemment! - de vouloir faire du christianisme la religion officielle de l'Union européenne, Joseph Weiler prône l'assomption de l'identité culturelle européenne, seule garante d'une authentique tolérance, valeur chrétienne au demeurant. Ainsi, exclure la Turquie «signifierait vider de sa signification l'engagement professé par l'Europe en faveur du pluralisme, de la tolérance et des droits de l'homme»...

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