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L'Ombre en fuite


9782749103969.gif Ouvrir l'image agrandie dans une nouvelle fenêtre
Collection:
Pages:
430 p.
Parution:
Avril 2009
Format:
Broché

Prix:
CHF 43.90

Disponibilité :
Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

Dimensions:
24.0 x 15.5 x 3.4 cm
ISBN:
9782749103969
EAN13:
9782749103969
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SUR CE LIVRE

Informations bibliographiques éditeur

Chronique[s] Presse

SUR CE LIVRE

Informations bibliographiques éditeur


Le point de vue de l'éditeur

Washington. Adie Klarpol, une jeune artiste désillusionnée, est engagée par une compagnie d'informatique pour travailler sur un système expérimental, " la Caverne ". Ce simulateur d'univers virtuels en 3D permet de revisiter, entre quatre murs, les chefs-d'?uvre de l'art. Beyrouth. Taimur Martin, professeur d'anglais, est pris en otage par des fondamentalistes islamistes. Seul dans un cachot, il n'a que sa mémoire et son imagination pour s'évader. Un simulateur d'univers virtuels, un cachot: deux pièces dissemblables, toutes deux ouvertes à toutes les transformations, l'une par la magie de l'informatique, l'autre par la ténacité de l'esprit humain. Deux univers a priori inconciliables dont Richard Powers, avec son sens renversant du romanesque, tire une polyphonie grandiose. Le romancier explore le destin de l'art à l'époque du virtuel, celui de la mémoire à l'époque de l'informatique et questionne une fois de plus les rapports entre science, histoire et imagination.

Biographie[s] d'auteur[s]

Né à Evanston, dans l'Illinois, en 1957, Richard Powers est l'auteur de neuf romans. Après Trois fermiers s'en vont au bal, Le Temps où nous chantions (élu meilleur livre étranger de l'année par le magazine Lire) et La Chambre aux échos (National Book Award), L'Ombre en fuite est son quatrième ouvrage publié en France.

Chronique[s] Presse


Le Temps

Platon selon Richard Powers.

Richard Powers signe avec «L’Ombre en fuite» un roman ambitieux où il revisite le mythe platonicien de la caverne à l’époque moderne. L’Américain, qui dicte ses textes couché à un logiciel de reconnaissance vocale, explore à la fois les cavernes scientifiques et les sombres geôles où sont retenus les otages. Une vaste fugue à deux voix.

André Clavel, Samedi 02 Mai 2009

Powers, le bien nommé. Avec lui, ce qu’on appelle «le grand roman américain» retrouve ses pouvoirs démiurgiques. Car son œuvre est une des plus inventives des deux dernières décennies: orchestration de haut vol, profondeur philosophique, regard panoramique sur l’histoire des hommes. Mais, pour Powers, la littérature est également une ascèse intérieure qui lui permet de s’éloigner du monde, afin de mieux le déchiffrer. «Un livre, dit-il, est toujours un acte de distanciation. On est dans la pénombre, on entend des voix dans sa tête et, pendant toutes ces heures qui ressemblent à une prière, on est hors du temps.»

Et, malgré tout, Powers reste totalement immergé dans son époque. En écrivant, il veut se frotter à toutes les grandes questions qui nous occupent, qu’elles appartiennent à l’éthique, au registre intime ou scientifique. «Ce qui m’intéresse, explique-t-il, c’est de comprendre comment le rationnel transforme l’émotionnel, comment les révolutions technologiques modifient nos façons d’être et de penser.»

Aujourd’hui, Powers est un des seuls romanciers à lancer des paris aussi risqués. Et sa formation de physicien l’empêche de sacrifier au flou artistique, à l’approximation métaphorique. Mais il a aussi une autre spécialité: dans sa maison de bardeaux, nichée au fond du Midwest, il écrit… couché. En dictant ses livres à un ordinateur équipé d’un logiciel de reconnaissance vocale très sophistiqué. «Pour moi, la voix détermine la littérature», dit-il. Stendhal avait un secrétaire, Flaubert un «gueuloir», Dickens un miroir devant lequel il testait ses dialogues à haute voix et Powers, lui, possède une machine-écrivante. «Quand on travaille sur un clavier classique, poursuit-il, il y a une déperdition entre ce qu’invente le cerveau et ce que les doigts parviennent à taper. Avec le logiciel à reconnaissance vocale, ça va plus vite, la musique des phrases est mieux transcrite.»

L’Ombre en fuite, le nouveau Powers, est un roman sacrément ambitieux. Parce que l’Américain y confronte deux réalités totalement opposées, apparemment. Celle des inventions faustiennes liées à l’informatique. Et celle de la réclusion carcérale, dans le contexte politique du terrorisme.

Aux Etats-Unis, Adie Klarpol est enfermée dans la très futuriste «Caverne», un labo de silicone bardé de consoles et de lampes fluorescentes, d’appareils de contrôle où défilent algorithmes, hologrammes et autres diagrammes mystérieux. Dans cette grotte high-tech – Lascaux revu par Marcel Duchamp et Bill Gates –, Adie doit expérimenter un simulateur virtuel révolutionnaire: à grand renfort d’effets numériques et de bidouillages électroniques, cet engin va faire revivre, en trois dimensions, les chefs-d’œuvre de l’art qui resurgiront dans la «Caverne» comme autant d’ombres chinoises métamorphosées par la magie de l’informatique.

Et tous les coups seront alors possibles. «On peut prendre la palette de Rubens et l’appliquer à un bosquet de Chardin», raconte Powers. Et encore: «Un jour, un architecte équipé d’un visiocasque pourrait, depuis sa table à dessin tridimensionnelle, cliquer, couper, coller dans le vide et construire à la volée une maquette fantôme du Parthénon.»

Et pendant qu’Adie joue à l’apprentie-sorcière, Taimur Martin, à l’autre bout du monde, est retenu en otage par un groupuscule islamiste dans un cachot sordide de Beyrouth. Quatre ans d’enfer. Pour ne pas sombrer dans la démence, il accomplira des prouesses d’imagination, fera travailler sa mémoire jusqu’à l’épuisement, essayera de reconstituer dans les moindres détails les livres qu’il a lus jadis, et il finira par réclamer ce Coran qui lui permettra d’amorcer un dialogue – de sourds – avec ses geôliers désaxés.

«Là où le corps est enchaîné, le cerveau voyage», écrit Powers, qui dit s’être inspiré des témoignages des ex-otages du Liban pour rédiger la confession de Taimur. Elle est remarquablement orchestrée, alors que celle d’Adie s’empêtre parfois dans un maquis de termes cabalistiques.

N’empêche, Powers parvient à mêler sur sa partition deux voix que tout oppose, mais qui partagent la même solitude. Celle d’une femme confrontée à la folie de ses propres pouvoirs, et celle d’un homme victime d’une autre folie, pour cause de fanatisme.

L’Ombre en fuite, c’est le mythe platonicien de la caverne transposé dans une époque où se côtoient les inventions les plus diaboliques et les violences les plus effroyables. Avec, en toile de fond, une réflexion sur ce désir vertigineux que les hommes ont toujours eu: récréer le monde dans lequel ils vivent, le refaçonner par la technique ou par l’imagination, pour ne pas en être les prisonniers.

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