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Avec ou sans l’e-book, la révolution.
C’est une voix qui lit.Une belle voix grave et sensuelle, légèrement fêlée, qui fait valser les mots et le cœur. Celle de Pierre Arditi, lointain parent de Metin Arditi, le premier lisant Dernière lettre à Théo, un très beau texte du second paru il y a quelques années et vivant une nouvelle vie chez son même éditeur Actes Sud. Faisant du lecteur un auditeur, un interlocuteur, et de la «lecture» de ce livre une expérience unique. Ce sont des mots, c’est un livre, c’est plus qu’un livre.
C’est un livre pour enfants qui paraît chez Nathan. Intitulé Comprendre comment ça marche, il explique comment fonctionnent un grille-pain, une photocopieuse, un ordinateur portable ou un hélicoptère. Et si vous dirigez votre webcam sur certaines pages, l’hélicoptère se met à voler ou le hors-bord à avancer en 3D. Nathan appelle cela de la «réalité augmentée». C’est encore rudimentaire mais c’est excellent: les mots du livre se transforment sous les yeux du gamin en réalité vrombissante et bondissante. C’est un livre, ce sont des mots, c’est plus qu’un livre.
C’est un petit balai en bois de coco, outil de poupée pour une entreprise de philosophie au long cours: la culture du bonsaï. Accompagné de la paire de ciseaux idoine et du livre, très complet, qui va avec, cette production signée Larousse incarne la tendance éditoriale du moment: les livres-objets. Soit des coffrets comprenant un livre de cuisine, de bricolage, de poésie, de massage ou de blagues, et l’accessoire qui permet de mettre de suite en application ce qui est écrit à l’intérieur sans passer par une boutique autre que celle du libraire – moule à cake, huile de massage, guitare.
Ces livres n’auront jamais ni le Goncourt ni le Nobel de littérature. Mais ils prouvent une chose, c’est que le livre n’est pas une vieille guimbarde qu’il faudrait vite pousser à la casse pour mettre à la place, dans son garage, un e-book tout neuf. Certes, il sera infiniment pratique de ne plus porter les volumes des dictionnaires, textes de loi, guides de voyage ou même les 600 romans de chaque rentrée littéraire, mais nul besoin d’attendre l’e-book comme Godot: le livre est une révolution en marche depuis le début de son invention, et les trois exemples ci-dessus n’en sont qu’un infime aperçu. Et c’est maintenant, période des Fêtes où les éditeurs s’en donnent à coeur joie en matière de créativité et de productivité, qu’il faut en profiter.
Isabelle Falconnier, Rédactrice en chef adjointe, L’Hebdo
Belles lettres, beaux livres.
Si vous aimez à la fois les classiques et les beaux livres, alors cette fin d’année vous réjouira particulièrement. En effet nombre d’auteurs sont à l’honneur, sous des formes très diverses. Avec des dessins tout d’abord: au Chêne ceux d’André Malraux, sous le titre L’univers farfelu d’André Malraux, avec deux cents dessins tracés sur des papiers pris au hasard à l’époque ou il était ministre de la Culture, et chez Flammarion ceux d’Arthur Rimbaud, qui n’avait certes pas le coup de crayon d’un Verlaine.
Pour les amoureux de poésie toujours, sous le titre Cent poèmes de Baudelaire, les Editions Omnibus proposent des extraits des Fleurs du mal et des poèmes en prose, accompagnés de peintures, de gravures, de caricatures et de photographies de l’époque ou inspirées par les poèmes. Chez le même éditeur et dans la même ligne éditoriale paraît Cent poèmes d’un bestiaire enchanté. Les manuscrits, notes, correspondances, croquis de décors et de costumes qui constituent l’exposition que consacre la Bibliothèque nationale de France à Eugène Ionesco forment le catalogue d’exposition publié chez Gallimard. Textuel de son côté poursuit la publication de l’étonnante collection de lettres d’amour d’Anne-Marie Springer. Après les femmes (Arletty, Edith Piaf et Albertine Sarrazin en 2008), ce sont des Lettres d’amants, avec les manuscrits en fac-similé de Victor Hugo, Hector Berlioz et Rainer Maria Rilke, que nous pouvons cette année découvrir, illustrant les styles d’une époque et l’importance de la lettre.
Quelques «poids lourds» montrent que certains éditeurs ne reculent pas devant l’obstacle: l’éditrice Diane de Selliers réalise une impressionnante édition en deux volumes sous coffret de L’Enéide. Le premier volume propose le texte traduit avec 180 illustrations (fresques et mosaïques du Ier siècle avant J.-C. au IVe siècle après J.-C.), et le second reproduit le texte latin illustré par les enluminures du codex du Ve siècle, conservées au Vatican, alors qu’Actes Sud nous livre l’édition complète de la correspondance de Vincent Van Gogh, aboutissement d’un projet lancé au début des années 1990 par un ensemble de chercheurs qui n’étaient pas satisfaits de la traduction existante de ces lettres écrites en néerlandais, en français et en anglais. Cette correspondance est contextualisée avec la reproduction de chaque œuvre citée. Le tout, en six volumes sous coffret, pèse 13 kilos! Et pour terminer ce petit panorama, un étonnant Corbeau (Le Seuil), dans lequel Lou Reed revisite Edgar Allan Poe, avec des illustrations de Lorenzo Mattoti. Des classiques, donc, mais tous d’une étonnante modernité.
Pascal Vandenberghe, Directeur Général, Payot Libraire

«Les femmes qui aiment sont dangereuses», affirme l’écrivain et historienne dans un superbe album qui mêle histoire de l’art, sensualité et féminisme.

Le Moyen Âge passionne plus que jamais. De l’héraldique aux cathédrales, de nombreuses publications raviront connaisseurs et néophytes.

« J’ai toujours rêvé d’avoir des vaches. » Didier de Courten

Le Valais est un pays à part. La preuve à travers quatre parutions superbes qui, du vin aux églises, chantent un canton fascinant.


