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Gilles Lapouge à la carte.

Écrivain vagabond, il publie un essai flâneur de «géographe du dimanche» et un livre d’entretiens.


Michel Audétat


Gilles Lapouge

L’enfant qui a rêvé sur les mappemondes s’étonnera toute sa vie du rapport entre la carte et le territoire, entre la représentation du monde et sa réalité. C’est là le ressort du nouvel essai de Gilles Lapouge, La légende de la géographie. Titre ambivalent qu’il faut entendre de deux manières, la légende étant à la fois ce qui rend la carte lisible et le récit merveilleux que peut inspirer la science immémoriale des géographes. Gilles Lapouge lui-même est un personnage dont on fabrique les légendes. Né à Digne, en 1923, il est un aimable touche-à-tout s’abandonnant en toute confiance au hasard qui ne fait pas si mal les choses, toujours prêt à s’engager sur le premier chemin de traverse venu. En 1950, ce hasard l’envoie trois ans au Brésil où il devient journaliste et entre au quotidien O Estado de São Paulo dont il est encore, depuis près d’un demi-siècle, l’inusable correspondant parisien.

De Stendhal à Pivot. Ecrivain flâneur, ce grand admirateur de Nicolas Bouvier a aussi longtemps collaboré avec Bernard Pivot (Apostrophes) avant d’avoir sa propre émission sur France Culture (En étrange pays). De cette vie, de son enfance en Algérie, de ses voyages, de ses rencontres ou des auteurs qu’il aime (Stendhal, Rimbaud, Giono…), il parle dans un livre d’entretiens réalisé avec Christophe Mercier qui vient également de paraître: La maison des lettres.
Mais, avant tout cela, Gilles Lapouge a d’abord étudié l’histoire et la géographie vers laquelle il revient aujourd’hui. Encore une fois, le hasard n’y est pas pour rien. Au début de La légende de la géographie, il raconte ce que son intérêt doit à la présence d’étudiants auvergnats dans le modeste hôtel parisien où il s’était installé aux heures euphoriques de la Libération. La providence voulut qu’il s’agît d’étudiants en géographie. S’ils avaient étudié la théologie, peut-être Gilles Lapouge serait-il devenu moine trappiste comme il en avait caressé le projet dans ses jeunes années.
Sa géographie n’est pas celle qui s’enseigne dans les universités – et on peut lui reprocher d’exécuter cette dernière avec passablement de désinvolture, en un seul et bref paragraphe. La sienne est à son image, vagabonde, légère, folâtre, poétique, pleine d’humour et d’énergie, jamais lasse d’aller et venir comme un furet entre le monde réel et les représentations destinées à l’apprivoiser. Cette géographie est bordée, d’un côté, par les sciences de la nature, de l’autre, par l’histoire et baigne tout entière dans la littérature. Jorge Luis Borges ou Lewis Carroll en écrivent ici la légende, autant que Paul Vidal de La Blache ou les grands explorateurs.

Incomplétude. A travers le temps, Gilles Lapouge remonte jusqu’à ce premier homme inquiet de ne pas savoir où il se trouve et soucieux de «voir ce qu’il ne voit pas». Le savoir géographique résulterait donc de l’incomplétude humaine: il serait né de notre peur de nous égarer dans un espace sans repère, du désir de donner forme à l’informe et de rendre visible l’invisible.
En «géographe du dimanche», Gilles Lapouge commente Ptolémée ou Anaximandre qui, à l’aube de notre ère, vont chercher l’ordre sous le désordre apparent des reliefs ou des fleuves. Il s’intéresse aux frontières étranges comme celle qui sépare la Pologne catholique et l’Allemagne protestante à travers une île de la Baltique. Il déterre des projets fumeux comme celui de Jacques Thouret qui, en 1789, voulait découper la France en 80 départements d’égale grandeur. Gilles Lapouge a écrit un livre qui se visite comme un cabinet de curiosités.
Mais c’est aussi une réponse à qui croirait la géographie empoussiérée et somnolente depuis que la terre entière a été mise en cartes. Non, elle n’est pas achevée, soutient l’écrivain. Un mouvement perpétuel l’anime. Elle est un savoir vivant qui n’a jamais cessé d’éclairer cet étrange miracle d’être au monde.

Par amour de Kris

Barbara Polla s'est laissé fasciner par Kris Van Assche, étoile de la mode.


Isabelle Falconnier


Kris Van Assche, Monsieur Dior Homme

Un soir de 2005, Barbara Polla sort fascinée d’un défilé Dior Homme: elle a rencontré Kris Van Assche, 32 ans, créateur de mode et artiste. C’est le début d’une histoire d’amitié artistique comme on en rencontre peu dans sa vie, jusqu’à ce que, l’an dernier, Kris Van Assche expose dans sa galerie genevoise. Une histoire que Barbara Polla poursuit dans un portrait enquête très personnel, plongeant dans la vie, l’œuvre et le réseau artistique de ce «poète guerrier» moderne. Londerzeel, village du Brabant flamand, où il est né en 1976, l’envie de coudre depuis ses 10 ans, l’Ecole de mode d’Anvers, Yves Saint Laurent, la création de sa marque en 2005: tout mène à cette manière de réinventer la masculinité, entre force et grâce, gloire et douceur. A sa manière, curieuse, décalée et mystique, Barbara a rencontré son bon génie .

Sur nos monts, les ovnis.

En Suisse romande, la science-fiction se porte bien depuis longtemps.


Antoine Duplan


La Suisse nourrit à l’égard de la planète Mars un complexe d’infériorité. Comme si, à l’heure du grand partage, l’Amérique avait eu le rock et la science-fiction, et nous autres la vache et le cor des Alpes. Ces inhibitions sont grotesques. Même Gilles a chanté les Soucoupes volantes, ainsi que le rappelle Défricheurs d’imaginaire.

Cette anthologie de la science-fiction romande réunit 17 nouvelles exprimant la vitalité et l’imagination des écrivains conjecturaux helvétiques qui, aux voyages spatiaux et aux robots, préfèrent la dystopie et l’apocalypse – parfois toute simple: c’est comme un jour, y a plus de troisième top...

En 1910, Edouard Rod invente une machine à décoder les pensées post mortem, en 1918 Michel Epuy envoie un explorateur sur Anthea, la planète pétrifiée. Aujourd’hui Wildy Petoud imagine une maison à translation quantique et Georges Panchard la trajectoire d’un citoyen dangereux à force d’être anodin.

SOMMAIRE
ÉDITO.

ENTRETIEN.
Esther Freud

VOGUE.
Littérature japonaise

PRIVÉ.
Anne Brécart

ROMANS

POCHES

POLARS

ESSAIS & DOCUMENTS

JEUNESSE

CRITIQUES I.
Stephen King

CRITIQUES II.
G. Lapouge, B. Polla, SF

CRITIQUES III.
A. Vitali, L. Doron, S. Lenz

CRITIQUES IV.
F. Coloane, O. Steinhauer, A. M. Schenkel
GILLES LAPOUGE
9782226190833.gif
Gilles Lapouge
Prix: CHF 37.00

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Christophe Mercier, Gilles Lapouge
Prix: CHF 32.40

BARBARA POLLA
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Barbara Polla
Prix: CHF 27.00

ANTHOLIGIE SF
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Jean-François Thomas
Prix: CHF 22.00