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Un matin de l’hiver 1903, dans le village vaudois de Ropraz, on découvre la tombe de la jeune Rosa Gilliéron, 20 ans, enterrée la veille, profanée. Cercueil ouvert, corps souillé, cou tranché, sexe à moitié dévoré. Puis à Carrouge et Ferlens, la même horreur se passe, à quelques semaines d’intervalle. La chasse au «vampire de Ropraz», comme la presse le surnomme dès le premier jour, commence. Dans ces campagnes du Jorat abandonnées, superstitieuses, sombres, plaines cruelles de loups et de chouettes, on se barricade, on ressort le fusil, et les rumeurs enflent au gré des règlements de comptes ancestraux. On arrête un garçon de ferme simple et fruste nommé Favez. Le procès a lieu en décembre, il est envoyé en hôpital psychiatrique.
De ce fait divers réel, Jacques Chessex tire un roman fascinant, un bijou littéraire dense et hanté. En osmose totale avec ses propres obsessions de romancier, ce citoyen de Ropraz depuis trente ans donne corps à une époque pas si lointaine, une région familière, une mentalité farouche et perverse.
Brillant. l