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Les thèmes écologiques ont le vent en poupe et ce printemps éditorial fleurit d’essais engagés portant sur les thématiques les plus urgentes.
Porté par le succès de L’humanité disparaîtra, bon débarras ! (Arthaud, 2006), l’ancien compagnon du commandant Cousteau, l’écrivain et naturaliste Yves Paccalet, lui ajoute une espèce d’apostille très modérément optimiste en publiant Sortie de secours. Son but: plaider pour une nouvelle utopie rédemptrice qui permettrait à l’humanité de se sauver en mettant fin au saccage de la nature.
L’humanité qui martyrise sa mère, Gaïa, Yves Paccalet ne l’apprécie pas tant que ça même s’il veut la sauver. «Homo sapiens ne représente nullement le sommet de la création ou de l’évolution», écrit-il. Sa conviction est faite: «Nous sommes agressifs par nature et pervers par culture.»
Cette position qu’Yves Paccalet assume avec distance et humour, certains écologistes radicaux la poussent jusqu’à ses ultimes conséquences. C’est autour de cette mouvance méconnue que tourne le nouveau roman de Jean-Christophe Rufin (Prix Goncourt 2001 avec Rouge Brésil), Le parfum d’Adam.
On ouvre ce thriller pour ne plus le lâcher: palpitant, tendu, construit comme une machine infernale, il ouvre une fenêtre sur le monde inquiétant de cette «écologie profonde» (déjà dénoncée par le philosophe Luc Ferry dans Le nouvel ordre écologique, Grasset, 1992), pour l’essentiel anglo-saxonne, qui considère les intérêts de la nature comme supérieurs à ceux de l’espèce humaine, et qui constitue donc une variété d’antihumanisme.
Le parfum d’Adam débute par une opération destinée à libérer des animaux de laboratoire, mais il apparaîtra bientôt que les écologistes radicaux nourrissent un projet d’une tout autre ampleur. Paul et Kerry sauront-ils contrarier leur plan pour purger la planète d’une bonne partie de ses pauvres? C’est tout l’enjeu de ce roman qui rebondit d’un continent à l’autre et, sans jamais alourdir le récit, développe une réflexion glaçante sur le retour des tentations malthusiennes. l