www.Payot.ch
Panier
contient 0 article(s)
Votre liste contient 0 article(s)
contient 0 article(s)
AccueilNos livresNos autres produitsNos LibrairiesNotre Entreprise
Recherche simple Recherche avancée Recherche par thème
Français | English
Sélections
Imprimer cette pageRéduire le texteAgrandir le texte

CRITIQUES III. Faux détectives et vrais mystères


Mireille Descombes
25 septembre 2006

Le Coréen Lee Seung-U et le Français Michel maisonneuve détournent avec talent la thématique de l'enquête et le personnage du détective privé.

Détail de couverture Le Privé © Gaïa.
Détail de couverture Le Privé © Gaïa.

Mettre en parallèle un roman coréen contemporain et un «faux polar» français peut paraître farfelu. Au-delà de leurs profondes singularités, ces livres, pourtant, se rejoignent dans leur caractère un brin décalé et surtout, dans le fait que leur personnage principal est un détective. Un enquêteur à vrai dire pas tout à fait classique.

K
ihyon, le «détective» de La vie rêvée des plantes de Lee Seung-U est même assez peu professionnel et plutôt minable. Chargé par un mystérieux commanditaire d’espionner sa propre mère, il va peu à peu découvrir les secrets bien gardés qui se cachent derrière les silences de son père – qui s’est réfugié dans la compagnie des plantes –, le comportement étrange de sa mère et les effrayantes crises d’un frère qui a perdu ses deux jambes à l’armée. Kihyon luimême n’est pas totalement étranger à ces drames, ce qui complique encore les choses. Mais quand la vérité éclate, la parole revient et, avec elle, la possibilité d’enfin manger ensemble. «Quand on reste dans le noir, écrit Lee Seung-U, les ténèbres s’éclairent. Elles engendrent leur propre lumière et chassent la peur.»

La vie rêvée des plantes est un roman envoûtant. Il est subtilement construit, surprenant, original et paradoxalement très proche de nos tourments d’Occidentaux touchant à la culpabilité, à l’angoisse existentielle, à l’incommunicabilité.

P
lus qu’une énigme, c’est une tragédie à l’antique, liée à l’histoire et à la politique de la Corée, au destin de l’individu, à des amours si fortes qu’elles défient la raison et survivent à la séparation. Et les plantes, plus particulièrement les arbres, jouent un rôle forcément central dans cet ouvrage qui constitue, à tout point de vue, une (bonne) surprise.

L
e dernier Michel Maisonneuve, Le privé, se joue à un tout autre niveau. Mince opuscule un peu déjanté rythmé par les musiques de Miles Davis, Art Blakey ou Nino Rota, il mêle, avec une logique parfois déroutante, la vie intérieure à la réalité, soit un quotidien résolument sordide et dépriman.

Langue rauque Personnage tout droit sorti du roman noir américain, le privé est une sorte d’ange gardien empathique et bourru qui supporte, au sens fort, un détective sans le sous harcelé par l’administration et des employeurs pourris.

M
ais l’intrigue n’a ici guère d’importance. Ce qui compte, c’est le rythme et les mots. Cette langue rauque et pleine d’ironie qui nous avait déjà séduits dans Le chien tchétchène, un «vrai» polar paru chez le même éditeur et sélectionné pour le prix Sang d’encre 2006. |

Voir Aussi:

Sommaire
Pour poursuivre votre lecture :
À LA UNE

CRITIQUES IV. La vie de patachon de Robert Walser
Livres
9782847200737.gif
Michel Maisonneuve
Prix: CHF 22.40

9782843043727.gif
Seung-U Lee
Prix: CHF 29.80