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La liseuse


Paul Fournel


Editeur: POL

Parution: janvier 2012

Format: Autres formats

Disponibilité:Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

Dimensions:20.5 x 14.1 x 1.9 cm

Pages:216 pages

EAN13:9782818014172

Chroniques Presse

Le Temps

«La Liseuse» de Paul Fournel

Eléonore Sulser, Saturday 25 February 2012

Imaginez un vieil éditeur dont la vénérable maison – rachetée depuis peu par un jeune loup – a toujours pignon sur rue à Saint-Germain-des-Prés. Il somnole dans son bureau, la tête posée sur un manuscrit qui est «l’histoire d’un mec qui rencontre une fille mais il est marié et elle a un copain…», bref, l’histoire habituelle. Autour de lui, «la maison est plongée tout entière dans un silence de vieux papier. Comme la neige, les livres mangent les bruits.» Et voilà qu’arrive dans son bureau une stagiaire, armée d’un objet saugrenu envoyé par le «grand patron»: «Ben, c’est une liseuse, un eBook, un iPad, je ne sais pas moi», explique-t-elle. «Il m’a dit qu’il avait mis tous vos manuscrits dedans pour le week-end et que ça vous ferait moins lourd.» Et voilà notre homme plongé subitement dans les délices et les vicissitudes de l’électronique moderne. On pourrait l’imaginer grincheux, regrettant la bonne odeur du papier… Or ça grince un peu, mais pas trop. Notre homme se lance assez vite dans cette nouvelle cohabitation avec l’écrit. Moyennant, cependant, une nouvelle marche à suivre ironique qu’il imagine ainsi: «Penser à ne plus commander de papier», «penser à ne pas passer chez l’imprimeur», «penser à aller à l’enterrement du brocheur», «penser à ne pas corner la page», «penser à ne pas balancer le livre contre le mur, même s’il est très mauvais», «penser à garder un vrai bouquin en douce dans un tiroir avec une bougie en cas de panne», «penser à être le contraire de vous-même». Sa nouvelle aventure de lecteur n’est pas sans intérêt ni sensations nouvelles: «Je caresse ma tablette éteinte, posée sur le bureau. Je me surprends parfois à le faire. Je lui trouve un toucher de chocolat noir.» Bref, un lien se crée avec l’objet et le vieil éditeur se réveille. Le charme de ce roman, un peu anecdotique mais très sympathique, réside dans les stratégies littéraires imaginatives que le vieil éditeur met en place pour répondre aux défis posés par la fameuse liseuse. Il réunit secrètement les jeunes stagiaires de la maison autour de lui et, profitant de leurs idées et de leur savoir-faire électronique, les lance comme des chiens dans un jeu de quilles dans le développement de nouvelles applications littéraires. La microlittérature, les proverbes, les citations et la poésie sont à la fête; tandis que sur une base quotidienne démarrent de nouveaux feuilletons qui tiennent en haleine les possesseurs d’iPad et iPhone. Bref, une véritable start-up ne tarde pas à se développer au sein de la vénérable maison. Le vieil éditeur va-t-il pour autant se lancer à corps perdu dans ce nouveau monde? C’est à voir. L’auteur de La Liseuse, tout comme son héros, n’est pas homme à reculer devant de nouvelles contraintes. Paul Fournel, qui possède une bibliographie bien fournie et très éclectique, est un membre de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle fondé par Raymond Queneau). C’est dire s’il n’a pas froid aux yeux face à l’électronique et si son imagination oulipienne trouve dans la liseuse, et dans les nouveaux formats qu’elle suscite, matière à inventions. On constate d’ailleurs, à lire La Liseuse, à quel point le rapprochement de l’Oulipo et de l’électronique est prometteur. Ultime pirouette, un petit addendum nous apprend, à la fin, que le roman que nous venons de lire répond lui-même à une contrainte secrète. Il épouse la forme poétique d’une sextine, inventée au XIIe siècle. C’est dire si passé, présent et futur se télescopent habilement dans cette aimable Liseuse.

La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l'éditeur,
et lui tend une tablette électronique, une liseuse. Il la regarde,
il la soupèse, l'allume et sa vie bascule. Pour la première fois
depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c'est
comme si son coeur se fendait en deux.
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