select
Recherche avancée
S'identifier | Mon Compte | Aide
Vous n'êtes pas identifié

Le noir de l'été


Pierre Chappuis


Editeur: La Dogana

Collection: Poésie, 26

Parution: février 2014

Format: Broché

Disponibilité:Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

Dimensions:21.5 x 16.4 x 0.8 cm

Pages:47 pages

EAN13:9782940055371

Chroniques Presse

Le Temps

Pierre Chappuis salué

Marion Graf, samedi 23 novembre 2002

On connaît Pierre Chappuis tout d'abord comme poète du paysage, guetteur précis et furtif des métamorphoses de la lumière, de l'eau, des nuages, dans les poèmes épurés de Pleine Marge, Un Cahier de nuage, Dans la Foulée, Décalages. On connaît aussi ses notes réflexives, rassemblées dans La Preuve par le vide et Le Biais des mots; et on le sait ami des peintres, avec lesquels il entretient un dialogue soutenu. Or son nouveau livre renoue avec une veine plus romantique, rare chez le poète neuchâtelois. «Un conte est une image de rêve, sans cohérence.» Pierre Chappuis avait placé cette définition de Novalis en exergue d'un recueil de poèmes en prose paru il y a douze ans, Soustrait au Temps. Nous voici donc, avec les douze poèmes en prose rassemblés dans Le Noir de l'été, immergés à nouveau dans la musique plus effervescente et plus narrative du versant fabuleux de l'oeuvre. Ici, la cloison entre le monde extérieur et le monde intérieur s'efface, une immédiateté s'établit entre la présence des choses et leur valeur mentale, ou symbolique: «Tangible réalité fabuleuse, imaginaire.» Atemporelles, des silhouettes passent, étrangement distinctes et fuyantes, saisies dans un geste, une émotion, un décor, un désir, une lumière. Une femme aveugle sur le pont Charles à Prague, un homme cerné par la nuit alors qu'une fête d'été se termine, un couple dans un champ émaillé de coquelicots, une marche en montagne, une jeune femme incarnant l'esprit du printemps, un malheureux que l'on retire de l'eau, une course à vélo brutalement interrompue, la mort fauchant un être en pleine jeunesse. Ces esquisses de récits, réminiscences de tableaux, fragments de scènes oniriques ou souvenues, ces Märchenbilder (images fabuleuses), comme les appelle l'auteur, juxtaposent abruptement l'embrasement de l'été, des couleurs, des sons, d'une part, et la béance du noir, du désarroi, du leurre, du malheur, d'autre part, avec une égale fervente intensité du regard. La forme discontinue des textes situe ces deux pôles de l'expérience dans une tension qui reste irrésolue, énigmatique, et si l'émotion affleure, elle est détachée de toute référence biographique ou anecdotique. Pierre Chappuis reste le poète de l'effacement du moi, le guetteur avide et prodigue d'espace: «Au hasard des chemins, comme qui guetterait un écho, aller par la forêt qu'assaillent mille pointes de feu.» Se révèle ainsi peu à peu dans sa cohérence discrète une oeuvre qui tisse de livre en livre un rapport au monde empreint de légèreté, de ferveur et de rigueur. On ne peut que se réjouir, aujourd'hui, de voir ce poète reconnu et salué, et avec lui, un autre poète visionnaire de généreuse exigence, Jean-Georges Lossier, récompensé également pour l'ensemble de son oeuvre.

resumé
Bio de l'auteur
Sommaire / contenu
information eBook

Prix Payot

CHF 29.00

IMPRIMER & PARTAGER CETTE PAGE

Nous vous suggérons aussi