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Les étoiles s'éteignent à l'aube


Richard Wagamese
Christine Raguet (Traducteur)


Editeur: Editions Zoé

Collection: Ecrits d'ailleurs

Parution: avril 2016

Format: Grand Format

Disponibilité:Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)

Dimensions:21 x 14.2 x 1.4 cm

Pages:284 pages

EAN13:9782889273300

Chroniques Payot

Payot-L'Hebdo

VOGUE. Seul dans la nature. Quatre écrivains nous confrontent aux grands espaces sauvages, entre le Canada, le Montana, l’Amérique fantasmée des pionniers et le nord de la Russie. La littérature est le grand territoire à arpenter.

Dans le livre de Richard Wagamese Les étoiles s’éteignent à l’aube, belle découverte des Editions Zoé, un fils accompagne son père dans son dernier voyage au cœur de la montagne, «là où on enterre les guerriers». Son père lui apprend comment se nourrir, chasser et pêcher. Il affronte un jeune grizzli. Le paysage traversé a valeur d’initiation et de passage de témoin. C’est aussi une quête des origines et du passé. Dans cette nature, nulle solitude. Les éléments sont «le refrain d’un hymne ancien» qui réchauffe le cœur. La terre sauvage, magnétique, devient «le vrai monde». Pour y survivre, l’homme doit apprendre la prudence et la ruse. Ne rien faire en force, mais toujours «être dans la grâce».
Richard Wagamese appartient à la nation amérindienne ojibwée et vit en Colombie-Britannique. Les étoiles s’éteignent à l’aube est le premier roman de sa plume que nous avons la chance de découvrir en français. Il est écrit dans une langue humble mais solide. A la fois raffinée et élémentaire. On y retrouve cette impression de grâce, justement. Au bout du voyage, le fils trouvera la libération et apprendra à vivre seul. «Il se sentit léger. La brûlure du chagrin avait disparu maintenant pour être remplacée par le flux de l’air frais dans ses poumons. Il avança jusqu’à l’orée de l’à-pic et resta face à cette incroyable immensité.»

Pete Fromm, dans son récit autobiographique Le nom des étoiles, chez Gallmeister, est également à la recherche de son père. Mais c’est par les souvenirs qu’il l’atteint. L’écrivain s’est retranché au centre d’une réserve naturelle du Montana, la Bob Marshall Wilderness, où il a été engagé pour surveiller la croissance d’œufs de poissons. Cette aventure en solitaire fait ressurgir d’autres moments, également solitaires, de sa vie. Les époques se superposent. Sa solitude est très peuplée. Par le bruissement des pensées de l’auteur, par sa propre présence au monde. Rien que par la fenêtre ouverte d’une cabane en rondins filtrent «meuglements de wapitis, bavardages de coyotes, logorrhée des corbeaux»... L’auteur, lui aussi, se retrouvera nez à nez avec un plantigrade (plus imposant, cette fois). Chez Fromm comme chez Wagamese, la traversée de la nature à la fois brutale et belle modifie l’homme en profondeur.

Il en va tout autrement dans Les vrais durs de T. C. Boyle, publié aux Editions Grasset. La première partie, excellente, pourrait faire l’objet d’une publication à part, sous forme de nouvelle, tant elle est puissante. Nous ne sommes plus dans les grands espaces, mais sur un paquebot, au milieu de touristes, pendant une croisière en Amérique latine. La plume de Boyle est acerbe et pleine d’humour cruel. La deuxième partie du livre, qui se déroule aux États-Unis, est centrée sur la figure d’un jeune homme souffrant d’une psychose paranoïaque. Il s’imagine être la réincarnation d’un trappeur du XIXe siècle...
Chez Boyle, les fantômes de l’Amérique hantent et sapent le présent. Les grands espaces fantasmés deviennent le territoire de la folie. Sans vêtements, pieds nus, malade comme un chien et se nourrissant de racines, notre invraisemblable trappeur s’en va affronter la nature, les hordes d’Indiens, et se perdre dans la forêt inextricable de son délire.

De son côté, le Polonais Mariusz Wilk a préféré s’installer dans un tout autre paysage, non moins vaste. Dans La maison du vagabond, traduit par les bons soins des Editions Noir sur Blanc, il nous emmène au fin fond de la Russie. Dans cette terre du Grand Nord, au bord du lac Onega, il faut, en hiver, casser la glace à coups de hache pour se préparer du thé. On ne craint pas les voleurs, car il n’y a rien à voler, «à part la chaleur du poêle». Mariusz Wilk a choisi de vivre ici pour mieux «contempler ce monde dans toute sa profondeur». Loin de l’agitation, il peut opérer «le retour au calme où non seulement on voit le Réel mais où on l’entend aussi». Non pas pour dépeindre la réalité, mais, de manière plus ambitieuse, pour créer une réalité nouvelle, où le monde et la littérature se reflètent.
Wilk se livre à un vagabondage autant littéraire que terrestre. Pour le résumer, on pourrait dire de la vaste entreprise littéraire que constitue son Journal du Nord (dont ce livre, La maison du vagabond, clôt le cycle) est une réflexion sur l’identité et le paysage. Et sur la manière dont l’un et l’autre se répondent.
Il est rempli d’hommages et de clins d’œil à d’autres œuvres. Car cette vision poétique, Mariusz Wilk l’a élaborée en lisant ses auteurs fétiches. L’Anglais Kenneth White et sa fascinante théorie de la «géopoétique». Mais aussi l’Allemand W. G. Sebald, le Polonais Czes?aw Mi?osz, ou le Suisse Nicolas Bouvier. À propos, La maison du vagabond fait de multiples allusions à la Suisse, racontant notamment une visite au festival Le livre sur les quais, à Morges. En Suisse, Wilk part à la recherche de la maison perdue de Nicolas Bouvier. Il s’émerveille en lisant Penser l’architecture de Peter Zumthor... La maison du vagabond n’est alors plus un lieu. C’est un livre. Et tout le livre devient paysage. Un texte d’une grande beauté, qui aide à habiter le monde.

Julien Burri, Journaliste, L’Hebdo – Été 2016

Franklin Starlight a tout juste seize ans lorsqu'Eldon, son père ravagé par l'alcool, le convoque à son chevet et lui demande de l'emmener au coeur de la montagne, là où on enterre les guerriers. Au cours de leur voyage, Frank affronte un jeune grizzly, ramène poisson ou gibier et construit des abris contre la pluie, tandis qu'Eldon lui raconte comment il a rencontré l'amour de sa vie, pourquoi il a sombré dans l'alcool et d'où vient leur patronyme qui évoque les temps indiens immémoriaux. Ce périple permettra à chacun, au père comme au fils, de répondre à son besoin d'apaisement identitaire. Ce roman au style brut et aux dialogues taiseux est un aller simple pour les terres sauvages du centre du Canada.
Richard Wagamese appartient à la nation ojibwé. Il est le premier lauréat indigène d'un prix de journalisme national canadien et est régulièrement récompensé pour ses travaux. Il vit actuellement à Kamloops, en Colombie britannique. Les Etoiles s'éteignent à l'aube est son premier roman traduit en français.
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