select
Recherche avancée
S'identifier | Mon Compte | Aide
Vous n'êtes pas identifié

LE GENERIQUE DE LA BIBLIO...


La bibliothèque iédale des Vaudois, c'est 100 livres, en 10 sélections de 10 titres. Le choix de 24 heures et Payot. Sélection parue, chaque samedi, dans les colonnes de 24 heures et sur Payot.ch du 22 avril au 24 juin 2006.


Classiques universels. Classiques suisses. Classiques français. Auteurs traduits du XXe siècle. Auteurs suisses du XXe siècle. Voyages. Poésie. Polar. Science-fiction, fantastique.

POUR 24 HEURES : Katarzyna Gornik, Cécile Lecoultre, Jean-Louis Kuffer, Bernard Chappuis, Gilbert Salem, Boris Senff et Xavier Alonso.

POUR PAYOT :
Claude Amstutz, Christian Benoit, Jean-Marc Bourqui, Pierette Bredel, Juan Canales, Thierry Cellard du Sordet, Catherine Chollet, Verena Cissé, Silvana Cotteli, Catherine Diop, Ludovic Emmenegger, Heidi Etsell, Karine Fankhauser, Luc Feugère, Giuseppa Furnari, Yvan Grosmangin, Germain Junod, Fabienne Kranck, Jacques Lavanchy, Catherine Léonard, Romain Mechiet, Alain Michaud, Christelle Moncalvo, Christian Mureu, Tania Netz, Jean-Pierre Oberli, Antoinette de Perrot, Noémie Rochat, Maryjane Rouge, Aline Siffert, Maurice Turc, Marcel Weber et Pascal Vandenberghe.


 VINGT POÈMES D'AMOUR... Xavier Alonso, Rédacteur en chef adjoint de 24 heures

Le livre se porte plutôt bien. Le métier de libraire dans son rôle de conseiller a, lui, de l'avenir. Ce sont là deux des conclusions d'une enquête réalisée en mai dernier par 24 heures en préambule à la publication de notre série La bibliothèque idéale des Vaudois. Ces enseignements ne disent rien d'autre que la multiplication des points de vente, à l'heure où kiosques et grandes surfaces mettent à portée de caddy best-sellers en palette, et la profusion d'ouvrages, littéraires ou non, qui enflent les rentrées littéraires. Devant telle surabondance, l'idée d'une bibliothèque idéale est apparue d'une pertinente urgence. Donner des pistes, suggérer des [re]découvertes, rappeler à nos vieux souvenirs d'étudiants les classiques mal lus à l'âge du refus... Cela a rendu l'opération déjà sympathique, sinon indispensable à l'usage. Chaque samedi, et bien qu'ayant pris part à la sélection, comparer le choix, asquiescer, s'offusquer d'un manque et finalement plonger dans les raysonnages, domestiques ou ceux d'une librairie, s'est révélé un plaisir compétitif. Mme Bovary et Voyage au bout de la nuit, pourtant déjà lus, ont retrouvé le sel d'alors mais surtout exhaussé de nouvelles sensations. L'affaire Saint-Fiacre fut une manière de révélation dans l'orgie de la production de Simenon. Et puis, il y a ceux que, honteux de ne pas avoir assez bien défendu lors de nos séances avec les libraires, nous avons relus avec l'appétit de la vengeance. Ainsi Vingt poèmes d'amour... de Pablo Neruda. Parce que lire, c'est aussi cela : mesurer les manques et les acquis, se confronter à soi-même, aux autres lecteurs, à l'auteur, raviver la flamme de la conversation, échanger. C'est peu, mais essentiel.


...ET CENT RAISONS DE SE PERDRE. Pascal Vandenberghe, Directeur général de Payot

Connaissez-vous le "bookcrossing" ? C'est très simple : vous déposez un livre que vous avez aimé dans un lieu public. Un passant va s'en saisir, le lire à son tour, puis le déposer dans un autre lieu, et ainsi de suite. Le livre mènera ainsi sa propre vie, de lecteur en lecteur. Cette "bibliothèque idéale" relève un peu du même esprit : prenez cinq libraires et cinq critiques littéraires, demandez-leur de mettre en commun leurs bibliothèques idéales respectives sur des thèmes donnés, secouez et laissez agir : il en sortira quelque chose de nouveau, à partager avec d'autres lecteurs. Conseiller et guider les lesteurs, voilà bien le coeur du métier de libraire et ce qui en fait le principal intérêt pour ceux qui le pratiquent avec passion. Mais sélectionner les 100 livres d'une "bibliothèque idéale" parmi les 450'000 titres disponibles de l'édition francophone, quel beau défi ! Naturellement, tout lecteur averti remarquera de grands absents [objets de vives discussions entre nous !]. Certes, il en manque beaucoup, mais pas un seul des écrivains présentés ici n'y a pas sa place. Entrez par là où vous voulez, tirez sur le fil et laissez faire : vous passerez sans difficulté d'un monde à l'autre. Et ensuite ? Vous choisirez de remonter le fleuve ou de vous laisser porter par le courant : il vous suffira de demander. Vous vous sentez perdu ? Tant mieux. Car le voyage n'a ni début ni fin. Il est intemporel et éternel ; il se déroule à la fois partout et nulle part. C'est cela, la magie de la littérature.


L'établissement d'une bibliothèque idéale en dix pages journal est un défi aussi captivant que douloureux, pour des lecteurs professionnels, qui met en jeu leur subjectivité et leur culture par rapport à des listes d'œuvres plus ou moins incontournables, mais se complique aussi du fait du public visé, pas forcément initié, la disponibilité des ouvrages en librairie ou le désir de faire alterner « monuments » et « découvertes ». 


Le choix des "Classiques universels" de la littérature devant figurer dans votre bibliothèque idéale avait déjà été cornélien. Il l'a été tout autant, lorsque libraires de Payot et rédacteurs de 24 heures ont voulu s'entendre pour désigner dix classiques suisses.


« Comment ? Pas de Proust ? Pas de Céline ?…. » s'écrieront sans doute certains de nos lecteurs. Mais que les indignés se rassurent: ces deux « monstres sacrés » figureront en bonne place dans les auteurs majeurs présentés bientôt dans la tranche dévolue au XXe siècle. Car il a fallu déblayer le terrain pour d'autres œuvres qui ont posé les jalons de la littérature moderne, dans des genres très différents.


On a beau tirer des plans sur le XXIe siècle, nous restons des enfants du précédent, et nous voilà abasourdis devant ce sarcophage colossal encore entrouvert. Car ce XXe fut bien plus qu'un siècle, il fut une ère. 

Lire
Amère désillusion des générations de « l’après-guerre », apparition en littérature du « je » et percée de la langue populaire. Voilà les fils rouges qui relient entre eux les dix auteurs français de cette sélection. Deux écrivains ouvrent dans ce sens la littérature du XXe siècle : Proust et Céline.


La littérature suisse contemporaine existe-t-elle? Oui et non. Pas plus qu’il n’y a de véritable « nation » helvétique, l’on ne saurait parler d’une littérature fondée en unité. Mais récuser l’existence d’un dénominateur commun liant les écrivains de ce pays, comme s’y employait un Ramuz, paraît aussi discutable que de parler d’une littérature « nationale ».


De l’antique Hérodote au bourlingueur Cendrars, ou des adeptes romantiques du Grand Tour européen aux jeunes backpackers actuels relançant à leur façon le voyage «décalé» de leurs parents routards, le voyage n’a cessé de mobiliser les curiosités humaines et de nourrir, sous les formes multiples de relevés géographiques ou d’études ethnologiques, de rapports d’explorations ou de récits épiques, de souvenirs au long cours ou de carnets impressionnistes, une littérature qui fait tantôt la meilleure part au document et tantôt brille plutôt par ses qualités stylistiques.


Dans tous les foyers de la planète, il est courant d'avoir au moins un livre de poèmes à portée de main. C'est un brûlot qui ne fait pas mal aux doigts, mais beaucoup de bien au cœur, sans passage obligé par la réflexion ou l'érudition.


Qui dit polar, dit victime(s). Le moins qu’on puisse écrire est qu’il y a de sacrés clients pour tenir ce rôle dans cette page: Hammett, Patricial Highsmith, Caïn, Ross McDonald, Minette Walters, Elizabeth George, Sjöwall & Wahlöo, Mankell, Demouzon, McCarthy écartés dans la dernière ligne droite. On pourrait joyeusement allonger cette liste mais notre chef nous a expressément demandé de limiter nos frustrations à quelques noms.


Dans les librairies, le fantastique, la science-fiction et l'heroïc-fantasy squattent le plus souvent le même espace. Un cousinage qui date de 1818...